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Valorisation des produits du terroir par la labellisation : Favoriser la concurrence des produits agricoles

Par El Moudjahid | le Mardi 06 Novembre 2018

Valorisation des produits du terroir par la labellisation : Favoriser la concurrence des produits agricoles

Pour le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, «la souveraineté nationale et la préservation de la sécurité alimentaires, exigent la valorisation des produits de terroir par le biais du système de labellisation».

En s’adressant à un parterre de directeurs centraux des services agricoles et cadres de son département lors d’un séminaire sur «la valorisation des produits du terroir par la labellisation» organisé par l’Institut national de recherche agroalimentaire (INRAA), à Alger, M. Bouazghi a mis en exergue la stratégie tracée par son département en vue de donner un coup d’accélérateur au processus de labellisation des produits du terroir.

La stratégie de valorisation des produits entamée depuis 2008, «est l’une des objectifs stratégiques de notre secteur en vue de hisser le potentiel concurrentiel des produits agricoles sur le plan international» a dit le ministre. Il a néanmoins, reconnu que l’opération de labellisation fait face à de nombreux blocages sur le terrain. A cet effet, il a expliqué que «les différents plans programmatiques du département de l’agriculture envisagent de créer une dynamique au sein des espaces ruraux avec ce que représente la diversité climatique et géographique vaste comme réservoir matériel et immatériel inépuisable pour une croissance économique des diverses contrées».

«C’est là que rôle des institutions et des responsables en charge de consolider l’opération de labellisation est des plus exigé», selon Bouazghi. Le constat fait, est que le processus de labellisation stagnait à chaque fois au niveau des réunions, des salons et autres expositions «sans qu’aucun suivi ne soit fait pour impliquer les acteurs, notamment les producteurs».
Dans ce sillage, le ministre a assuré que «tous les moyens indispensables seront mis à la disposition des producteurs en vue de leur assurer un meilleur encadrement, pour la labellisation de leurs productions, leur permettant d’accéder aux marchés internationaux». Les autorités publiques sont déterminés donc à tracer le sillon pour concrétiser cet objectif, mais les différents démembrements ont eu de la peine à mener l’opération jusqu’au bout.

Il a été signalé lors des travaux de ce séminaire qu’au moins 87 produits potentiels sont en voie de labellisation à l’image de l’huile d’olive sigoise (Mascara).
Plusieurs autres produits sont identifiés dans la même démarche de labellisation. C’est le cas du fromage traditionnel à base de lait de chèvre ou de brebis de Bouhazza (Oum El-Bouaghi), le mouton de race El-Hamra, d’Ouled Djellal (Biskra), l’huile d’olive de Kabylie et autres. A l’heure actuelle, la datte Deglet Nour de Tolga et la figue sèche de Beni Maouche (Béjaïa) disposent déjà d’un label. «Il ne faut pas que ce dispositif s’arrête au niveau de l’administration centrale. C’est votre responsabilité de tracer un programme sur toute une année» recommande pour sa part, le directeur central de l’organisation foncière et de la protection des patrimoines, M. Hamid Hamdani, en faisant l’écho à l’instruction du ministre de l’agriculture qui s’est adressé aux directeurs des services agricoles présents «vous en avez la responsabilité exclusive. Vous devrez fixer un échéancier et arrêter un agenda pour la labellisation de chaque produit identifié en priorité, et signaler tous les dysfonctionnements que vous trouverez sur votre route».

Une récolte exceptionnelle en 2018

Les efforts consentis illustrent clairement la détermination des pouvoirs publics de penser l’après pétrole. Il y a lieu de mettre en exergue la pertinence des observations du ministre de l’agriculture qui ne cesse de réitérer l’engagement de l’Etat à relever le défi de l’autosuffisance alimentaire. Ceci d’autant que les efforts engagés ont apporté leurs fruits. En effet, la production agricole en Algérie a grandement évolué en l’espace d’une décennie et demie. En termes de valeur, celle-ci est passée, ces dernières dix années, de 350 millions de dollars annuellement, à 30 milliards de dollars, à telle enseigne qu’elle contribue actuellement à hauteur de 12% dans le Produit intérieur brut (PIB) national, outre sa participation à l’intégration de milliers de jeunes chômeurs et la création des PME dans le cadre du soutien aux exploitations agricoles.

Ceci, sans compter la nette augmentation de la production enregistrée dans le reste des filières, notamment le lait frais, avec une production estimée à 3.5 milliards de litres, la pomme de terre avec plus de 46 millions de quintaux et des viandes rouges avec plus de 5.4 millions de quintaux.
Il faut dire que la politique de développement agricole, mise en œuvre depuis les années 2000, privilégie l’effort national, l’économie agricole productive et le partenariat multiforme et fécond entre tous les acteurs intervenant dans le processus de production, de transformation et de commercialisation. Ces efforts sont couronnés par des résultats probants. Ainsi, la production nationale céréalière réalisée à l’issue de la campagne 2017-2018 a atteint 60,5 millions de quintaux, contre 34,7 millions de quintaux enregistrés durant la campagne précédente, soit une hausse de 74,4%.

Tahar Kaidi

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