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Promotion de la filière lait : «Remaniement de la subvention»

Par Al Iqtisadia | le Mardi 28 Juillet 2020

Promotion de la filière lait : «Remaniement de la subvention»

La crise de la Covid-19 vient précipiter un bouleversement inévitable du mode de fonctionnement de la filière lait. Qu’en est-il en Algérie ? Le développement de la production locale apparaît comme «une exigence des plus pressantes pour pallier ou, au moins, réduire la dépendance à l’importation. Une réforme, voir un remaniement, de la subvention constitue une condition sine qua non pour promouvoir la production locale». C’est la conclusion principale à la quelle ont abouti quatre universitaires; Messaoud Lazereg, Kousseila Bellil chercheurs au Cread, ainsi que Manel Djediane et Zakia Zaidi de l’Université de Béjaia, dans une réflexion collective qui vient d’être publiée au compte de la revue «Les cahiers du Cread».

La mise en place d’un système de «subvention dynamique en lien avec les évolutions des prix sur le marché mondial, argumentent-ils, permettra d’équilibrer et d’avantager le lait local vis-à-vis de la poudre importée». Concernant la production locale, «un tri d’éleveurs à subventionner selon le profil (taille, accès aux facteurs de production, formation, etc.) et la région représenterait la meilleure solution afin de pallier aux déperditions de la subvention, qu’elle soit directe ou indirecte». S’appuyant sur d’autres travaux consacrés à la filière, ils estiment que la subvention à la consommation — la poudre importée — constitue «l’une des entraves à l’émancipation de la production locale sous l’effet de l’avantage comparatif dont elle dispose par rapport à la production locale». En effet, la production laitière en Algérie souffre d’un certain nombre de contraintes structurelles qui entravent son développement. «Les conditions pédo-hydro-climatiques constituent un facteur limitant dans le développement de l’élevage laitier.

Cet handicap naturel affecte le niveau de la production fourragère qui constitue le principal obstacle au développement de la production locale», expliquent les universitaires. Et ajoutent : «la taille réduite et la rigidité des exploitations agricoles, souvent de type familiales, vivrières et conduites en extensif».

Dans le même ordre d’idées, les auteurs de cette réflexion affirment que la pandémie de la Covid-19 a révélé les lacunes de la stratégie globale de développement de la filière lait en Algérie. «La stratégie dichotomique oscillant entre l’impératif de sécurité alimentaire (disponibilité et accessibilité du lait pour tous) et l’inéluctable objectif de promotion de la production locale peine à exaucer les résultats escomptés», expliquent-ils. En dépit des efforts fournis et les dépenses engagées, enchaînent-ils, «la filière demeure fortement dépendante en matière de poudre de lait et d’intrants de production (alimentation et génisses).

Le développement de la production nationale passe nécessairement par des actions génériques qui doivent être entreprises en faveur des acteurs de la filière (formation, cadre organisationnel et une régulation économique du marché du lait et des intrants)». Aussi, les universitaires relèvent qu’il y a un «potentiel de développement des autres sources de lait (chèvre, brebis et chamelle).

Ce développement passera par la valorisation du potentiel génétique des chèvres (spécialement dans les zones montagneuses), des brebis laitières (les steppes) et des chamelles (les zones sahariennes)».

Et pour une grande synergie, proposent les universitaires, «les pouvoirs publics sont appelés à vulgariser l’organisation des éleveurs en associations professionnelles et en coopératives afin de pouvoir proposer des solutions aux problèmes liés à la profession».

Source El Watan

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