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Projet de LFC-2020 : Les taxes menacent le tourisme national

Par El Watan | le Mardi 26 Mai 2020

Projet de LFC-2020 : Les taxes menacent le tourisme national

Qui peut défendre le dossier du tourisme national au niveau du gouvernement ? Telle est la question que se posent de manière lancinante et persistante les professionnels du secteur, qui a subi de plein fouet les effets de la pandémie de coronavirus en Algérie.

Ces effets se sont fait sentir notamment en hôtellerie, restauration, loisirs, divertissements et transport en Algérie, au nord comme au sud du pays. Dans ce contexte de crise multidimensionnelle, il a été relevé le peu d’engagements des pouvoirs publics à mettre plus de moyens et de volonté dans un secteur pourtant annoncé dans le discours présidentiel comme prometteur, créateur d’emplois et de croissance.
Il faut signaler que les propositions du projet de loi de finances complémentaire 2020 ne sont pas du tout favorables à l’essor du tourisme national.

La TVA sur l’hôtellerie et la restauration passe de 9% à 19%. Les chaînes hôtelières internationales, qui activent en majorité sous forme de contrats de management autant chez le public que le privé, seront soumises à l’augmentation de l’impôt sur le rapatriement de leurs redevances, qui passe de 24% à 30%, officiellement pour «les encourager à ouvrir des bureaux en Algérie», mais si cette disposition est adoptée, elle aura pour effet probable un départ de ces chaînes et le découragement de tout opérateur hôtelier international à s’intéresser au marché algérien.

A noter que d’autres types d’impôts continuent à être supportés par les hôteliers : une taxe de 1% sur le chiffre d’affaires pour la promotion touristique, une taxe de séjour en fonction du classement de l’hôtel et une taxe sur l’activité professionnelle (TAP) de 2% sur le chiffre d’affaires. Ce qui est décourageant à la veille de la saison estivale qui s’annonce très compliquée.

Après plusieurs rencontres avec la Fédération nationale des associations des agences de tourisme et de voyages (FNAT) et le Syndicat national des agences de voyages (SNAV), les professionnels du secteur estiment qu’aucune mesure n’a été prise pour le moment. D’ailleurs, il n’y a eu aucune médiatisation de ces réunions, qui semblent être de simples consultations en interne. Entre-temps, d’autres destinations qui avaient pour habitude de faire du charme aux touristes algériens se réveillent et repartent à l’offensive, à l’exemple de la Tunisie qui base, entre autres, la relance de son tourisme sur les visiteurs algériens.

Elles se réfèrent sur une vraie étude du marché avec des indicateurs précis. C’est le ministre tunisien du Tourisme et de l’Artisanat, Mohamed Ali Toumi, qui s’implique personnellement et qui annonce même une rencontre prévue prochainement avec le ministre algérien du Tourisme dans un point de passage frontalier «afin de donner un signal fort au secteur».

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