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Procès en appel d’Ali Haddad : Sellal dit n’avoir «accordé aucun privilège»

Par El Watan | le Lundi 26 Octobre 2020

Procès en appel d’Ali Haddad : Sellal dit n’avoir «accordé aucun privilège»

Le procès en appel de l’homme d’affaires Ali Haddad et de plusieurs responsables, accusés d’«octroi d’indus privilèges», d’«abus de fonction» et de «conflit d’intérêts», s’est poursuivi hier à la cour d’Alger.

Auditionné par visioconférence, le prévenu Ahmed Ouyahia, qui se trouve à la prison de Abadla (Béchar), a expliqué, au sujet de «l’octroi d’indus privilèges» que le choix des entreprises dans le cadre des marchés publics «relève de la responsabilité du maître d’ouvrage», ajoutant que les marchés publics de gré à gré sont approuvés à l’unanimité par le conseil du gouvernement, conformément à la loi en vigueur.

Selon les déclarations de l’ancien Premier ministre, certains projets ont été accordés sans passer par le conseil du gouvernement, car ils revêtaient «un caractère d’urgence», à l’image du marché de la wilaya d’Alger pour la préparation du sommet arabe (2005), ajoutant qu’il a été poursuivi pour «octroi d’indus avantages» dans certains marchés, alors qu’il n’était pas à l’époque à la tête du gouvernement, à l’image du projet de raccordement du port Djendjen (Jijel) à l’autoroute en 2013.

Concernant sa condamnation pour «abus de fonction» et «octroi d’indus avantages», l’accusé a indiqué qu’il est intervenu lors de la réouverture de la cimenterie de Djelfa en faveur d’une société chinoise et non pas pour la société du principal accusé Ali Haddad.

L’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal et d’autres anciens ministres ont été également entendus. Abdelmalek Sellal balaie toutes les accusations dont il fait l’objet et tente de rétablir les faits dans leur contexte, faisant de temps à autre de courtes digressions politiques.

Pour lui «si l’affaire du groupement FCC (Espagne) aurait pris les allures d’un contentieux international pris en charge par la Cour d’arbitrage de Genève, elle aura prononcé un verdict contre nous et nous aurons à payer des sommes faramineuses, nous avons perdu ce type de procès, car notre système est compliqué et ce n’est pas facile de mobiliser des avocats sur plusieurs jours, car çà aurait posé un problème de devises et le FCC aura gagné en raflant toute la mise.

Tous les grands projets sont soumis à ce qu’on appelle l’Avant-projet sommaire (APS) et aux cahiers des charges, c’est à l’entreprise de s’occuper de l’exécution des travaux, sur les 5 portions, 4 sont inexactes».

Il se défend d’avoir eu ou accordé des privilèges, affirmant que «les décisions sont prises au CPE qui regroupe 12 ministres et 10 hauts cadres, les résolutions sont prises à l’unanimité et que seul le président de la République peut décider de les annuler. D’ailleurs, je ne signe pas, car il s’agit de résolutions».

Il bifurque sur le politique : «Il ne faut pas dire que le gouvernement de Bouteflika n’a rien fait», reconnaissant toutefois que «ce même gouvernement a commis des erreurs politiques». Il tient à son droit de réserve, mais lâche quelques confidences : «J’ai été le directeur de campagne de Bouteflika pour un 5e mandat, je l’ai fait par loyauté et remplacé par Abdelghani Zaalane, ministre des Transports de l’époque.

Je savais qu’on allait vers ‘‘l’oued’’… J’ai d’ailleurs fait toutes les campagnes présidentielles pour Bouteflika mais avec une condition : ne pas être responsable des finances qui ont été attribuées d’ailleurs à Chaïb Mahmoud.»

De son côté, Amara Benyounes se défend d’avoir attribué une usine de cimenterie à Relizane, alors qu’elle n’existait pas. Ali Haddad a bénéficié d’un titre minier, or Amara Benyounes était à la tête du ministère de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement, précise le mis en cause.

Le projet de cimenterie de Relizane a été concrétisé avec la venue de Abdeslam Bouchouareb à la tête du ministère de l’Industrie avec le rattachement nouveau du secteur des mines au ministère de l’Industrie, détaille-t-il. Il dira aussi qu’il n’a jamais imposé de partenariat au Groupe industriel des ciments algériens (GICA), rappelant que seul le CPE peut décider du partenariat.

Il rappelle le contexte de l’époque qui a encouragé le partenariat public-privé (PPP) qui était «une décision politique», plusieurs mesures ont été prises dont la règle 51/49 lorsqu’il s’agit d’un partenaire étranger et la règle 66/34 lorsqu’il s’agit d’un partenaire algérien.

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