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Pétrole : les prévisions du gouvernement contredites par des experts étrangers

Par TSA | le Mardi 01 Décembre 2020

Pétrole : les prévisions du gouvernement contredites par des experts étrangers

Le gouvernement algérien table sur des prévisions optimistes de l’évolution du prix du pétrole en 2021 si le vaccin contre la Covid-19 réussit à faire reculer la pandémie, mais des experts internationaux sont moins enthousiastes.

Le ministre délégué chargé de la Prospective, Mohamed-Cherif Belmihoub, a prédit ce dimanche que les cours du baril de Brent, pétrole de référence pour le Sahara Blend algérien, s’établiraient aux alentours des 60 à 70 dollars américains une fois qu’un vaccin contre le coronavirus serait distribué et que la « machine économique » mondiale reprendrait.

« Si le vaccin permet de faire baisser le nombre de contaminations, le baril gagnera 5 dollars, puis la machine économique reprendra progressivement ce qui permettrait au baril de passer à 60-70 dollars », a estimé le ministre délégué dans des propos cités par l’agence officielle APS, soulignant cependant qu’il était difficile de prédire les tendances précises des cours sur le long terme, rapporte la même source.

Les prévisions de Mohamed-Cherif Belmihoub se placent en contraste et se montrent beaucoup plus optimistes que les prévisions formulées par les observateurs du marché pétrolier international. En effet, un sondage de 40 économistes et analystes effectué par l’agence Reuters anticipe un cours du Brent moyen à 49,35 dollars le baril l’an prochain.

« Les perspectives de la demande mondiale de pétrole restent précaires compte tenu de la résurgence de la pandémie et des mesures de confinement qui en résultent en Europe et aux États-Unis », a déclaré dans ce cadre Marshall Steeves, analyste des marchés de l’énergie chez IEG Vantage.

« Cela restera probablement le cas jusqu’au premier trimestre de 2021, sinon au deuxième, donc l’OPEP+ fait face à une demande modérée pour son pétrole », a estimé en outre M. Steeves, cité par Reuters.

Ainsi, selon les prévisions des experts internationaux, les cours du pétrole auront du mal à gagner du terrain l’année prochaine alors que la demande reste sous l’emprise de la pandémie du coronavirus malgré un optimisme croissant à l’égard des vaccins contre la Covid-19 et une extension probable des réductions de production par les principaux producteurs.

Dans un autre registre, M. Belmihoub a également affirmé que le Fonds de Régulation des recettes (FRR) « constitue un outil de régulation très intéressant » même dans un contexte où les revenus en provenance des hydrocarbures affichent une forte baisse.

« Le gouvernement a budgétisé la Loi de finances complémentaire 2020 sur la base de 35 dollars/baril. Il y a donc un excédent (de recettes) versé dans ce Fonds », a-t-il fait savoir. Néanmoins, le ministre délégué chargé de la Prospective omet de souligner que ce prix de référence du baril représente uniquement une partie de l’équation, celle des revenus, et ne prend pas en compte le prix du baril nécessaire pour équilibrer les dépenses incluses dans le budget de l’État.

Le « prix d’équilibre » est le prix moyen que doit atteindre le baril de pétrole sur une année pour permettre à un pays fortement dépendant des hydrocarbures, comme c’est le cas pour l’Algérie, d’équilibrer les dépenses de son budget. Il ne doit pas être confondu avec le prix de référence du baril de pétrole établi dans les différentes lois de Finances.

Dans ce cadre, le Fonds monétaire international a projeté dans un rapport que l’Algérie a besoin d’un prix du baril de pétrole à 157,2 dollars afin d’équilibrer son budget pour l’année 2020. En 2019, le prix d’équilibre du baril pour l’Algérie s’était établi à 104,6 dollars. Il était à 101,4 dollars en 2018 et à 91,4 en 2017, selon les données du FMI.

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