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Mines : Un potentiel à valoriser

Par El Moudjahid | le Dimanche 09 Août 2020

Mines : Un potentiel à valoriser

«Les premières données montrent que le pays dispose d’un nombre important de substances minérales pouvant contribuer à créer beaucoup de valeur ajoutée et d’emplois pour l’économie nationale», a récemment déclaré le ministre en charge du secteur, Mohamed Arkab.

Mais l’Algérie a-t-elle les moyens de sa politique concernant la réhabilitation des mines ? Si le domaine minier n’est exploré qu’à hauteur de 50%, commente M. Benamirouche, chercheur au Cread, ce qui donnera la possibilité pour réaliser de nouvelles découvertes, les taux de renouvellement et de récupération sont faibles. L’universitaire analyse : «si des avantages fiscaux additionnels sont accordés, cela engendre moins de recettes pour l’Etat et s’oppose aussi à l’objectif de contrôle des réserves pétrolières». Et d’ajouter : «l’amélioration de l’attractivité du domaine minier n’est pertinente qu’avec la sophistication des exportations hors hydrocarbures pour balancer le déclin des réserves, donc de production et des exportations pétrolières». Ce nouveau cap en faveur du secteur minier n’est pas conjoncturel. Ali Kefaïfi, spécialiste des questions énergétiques, dans un récent entretien à Liberté, indique que cette démarche «ne peut qu’être le choix réfléchi d’une politique de long terme. En considérant seulement le potentiel minéral algérien en surface, sans parler du potentiel minier souterrain, l’Algérie pourrait accéder dès 2025-2030 au statut de grande puissance minière, et ce pendant un demi-siècle, voire un siècle.» Pour cette politique minière, «il est clair qu’il ne s’agit pas seulement d’évaluer le potentiel du domaine minier national mais d’une politique globale (validation de la prospection, exploration, développement, minéralurgie), nonobstant les autres étapes de la chaîne de valeur minière (métallurgie, industries aval, autres secteurs économiques).

Toutefois, note M. Kefaifi, malgré son «insolente richesse minière», l'Algérie «se classe derrière nos voisins, pourtant bien moins dotés, tels le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie ou le Mali et le Niger. De plus, elle n'exerce aucune attractivité vis-à-vis des investisseurs étrangers, généralement friands de wolfram, d’étain, de coltan et autres métaux précieux depuis longtemps évalués dans le Hoggar». Rappelons qu’une feuille de route en cours de mise en œuvre dans le secteur des mines, comprenant notamment la révision de la loi régissant le secteur et l’organisation d’assises nationales des mines afin de fournir à terme l’économie nationale en matières premières actuellement importées. En termes de chiffres, le premier responsable du secteur avait indiqué que 12 substances minérales seront bientôt produites en Algérie au profit de l’industrie nationale. De plus, des assises des mines seront organisées entre fin 2020 et début 2021, afin de permettre aux acteurs du secteur de débattre des questions qui découleront de la large consultation des experts de la stratégie permettant de développer le domaine minier.
Fouad Irnatene

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