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Marché des changes : L’assouplissement des lois est vital

Par El Moudjahid | le Lundi 03 Août 2020

Marché des changes : L’assouplissement des lois est vital

Le marché des changes requiert une grande importance dans la réforme du système financier et bancaire. «L’action au fond est bien, mais il aurait été souhaitable que cette dernière libère le marché et laisse la concurrence entre les banques faire son travail pour baisser les prix appliqués à la clientèle», relève Mohamed Haichour, expert financier.

Il estime que «le régulateur a préféré une fois encore intervenir par des textes de loi au lieu des mécanismes du marché quant aux marges appliquées et commissions par les banques de la place». Relevant que les règlements 07-01 & 07-02, liés au contrôle des changes, «d’une façon ou d’une autre, commencent à être dépassés par le temps et n’arrivent plus à suivre l’évolution rapide de l’économie locale basée sur des nouvelles pratiques du marché». L’expert dira que cette loi «ne joue plus son rôle et freine toute notion d’innovation et de développent des produits bancaires».

Enchaînant, M. Haichour, dans une contribution publiée par le site «La patrie news», indique qu’ «il est grand temps d’introduire d’autres textes adaptés qui marchent avec l’évolution des standards et pratiques internationaux. L’assouplissement de ces lois est devenu plus que vital pour la survie et la pérennité du secteur bancaire». La Banque d’Algérie, argumente-t-il, «doit reprendre son rôle de régulateur avec de nouveaux mécanismes de marché». Ainsi, explique M. Haichour, la réforme bancaire devra prendre en considération nombre de questions. Il est notamment question du renforcement de l’autonomie de la Banque d’Algérie et son rôle de régulateur, de la modernisation de la réglementation bancaire par l’assouplissement du contrôle des changes avec plus de libération et contrôle a posteriori, l’ouverture progressive du marché offshore pour les banques intermédiaires, la privatisation progressive des banques publiques par le biais de la bourse afin d’équilibrer la dominance de ces dernières. Pour ce dernier point, Amar Abbas, expert financier, avait indiqué que les problématiques de gouvernance desdites banques trouvent leur source dans les spécificités de celles-ci : l’Etat est leur actionnaire, régulateur, et les entreprises publiques constituent leurs plus grands clients. Leur rôle est ambigu.

*Ces entités, explique-t-il, «sont supposées être des sociétés commerciales dont l’objectif est la performance financière, mais elles sont impliquées dans l’exécution de nombreux programmes gouvernementaux dont les coûts sont extraordinaires. Une clarification des rôles et missions de ces banques est primordiale, un meilleur pilotage de leurs activités l’est également». Et l’assainissement de l’environnement économique «suppose la simplification des procédures et les conditions de création d’entreprises, le respect du droit des sociétés et des règles et lois sur la concurrence et la transparence. L’objectif est d’améliorer le climat général des affaires. S’ajoutent l’impératif de revoir la gouvernance de banques publiques en laissant plus d’autonomie aux dirigeants basée sur la performance, la dotation du système financier national de tous les compartiments de marché à savoir, marché monétaire, financier et de changes, l’autorisation des étrangers à financer la dette de l’Etat à travers les marchés primaires et secondaires, via des spécialistes en valeur de trésor, ainsi que l’instauration du marché interbancaire indépendant des taux, soit en monnaie locale ou étrangère.
Fouad Irnatene

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