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L’usine de Renault ferme ses portes et met 1300 travailleurs au chômage technique

Par DZ Entreprise | le Mardi 25 Février 2020

L’usine de Renault ferme ses portes et met 1300 travailleurs au chômage technique

L’usine de Renault Algérie Production (RAP) d’Oued Tlelat, à Oran, a décidé de baisser rideau après l’arrêt des importations des kits SKD/CKD destinés au montage automobile.

Selon notre source, cette fermeture pourra durer jusqu’à deux mois, c’est-à-dire jusqu’à la décision du gouvernement de publier un nouveau cahier des charges au mois d’avril prochain.

Selon la même source, après une première fermeture survenue au mois de novembre 2019, une seconde a affecté l’usine de Renault Algérie au mois de décembre de la même année, ce qui a provoqué un arrêt brutal des lignes de production depuis trois mois.

Et tant que les importations des kits SKD/CKD ne sont pas autorisées, l’usine de Renault Algérie subira les dégâts collatéraux.

A commencer par la mise au chômage technique de quelques 1 300 travailleurs qui, au demeurant, percevront leurs salaires durant cette période.

Pourtant, les employés ont repris une totale l’espoir quand les pouvoirs publics avaient débloqué les conteneurs bloqués au port d’Oran.

Mais cet espoir était éphémère puisque les Douanes algériennes ont ordonné leur retour suite à une injonction du ministère de l’Industrie.

En outre, la direction commerciale de Renault Algérie a envoyé des courriers pour ses clients pour se faire rembourser.

Cette décision concerne les commandes du mois de décembre 2019 et du mois de janvier et février 2020 dès que les lignes de montage sont à l’arrêt.

Du coup, les acquéreurs vont se faire rembourser en encaissant leurs chèques entre 24 et 72 heures.

En revanche, les acheteurs peuvent maintenir leurs commandes sans préavis sur les délais de livraison, mais que le prix fixé sur la commande initiale ne soit revu à la hausse.

Le 15 février dernier, le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Ait Ali Braham, a qualifié le montage automobile «d’escroquerie».

«Cette escroquerie ne dépend pas du ministère de l’Industrie. Certes, officiellement l’activité est industrielle mais si le dossier n’a aucune relation avec l’industrie sur le terrain et que c’est une escroquerie au nom de l’industrie, dans ce cas-là, les employés des usines de montage sont des victimes.

Néanmoins, nous allons leur trouver une solution, en les employant dans des usines plus sérieuses». a-t-il affirmé.

Une semaine plus tard, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a estimé, dans un entretien accordé au quotidien français Le Figaro, que «l’Algérie est vue par ses partenaires comme un grand marché de consommation. Nos maux viennent de l’importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisait la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l’argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale», affirmant que «l’usine algérienne (Renault-ndlr) n’a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc».

Yanis Oumakhlouf

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