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L’Opep+ tentée d’ouvrir les vannes avec le retour en grâce des prix

Par Al Iqtisadia | le Lundi 01 Mars 2021

L’Opep+ tentée d’ouvrir les vannes avec le retour en grâce des prix

Mais le retour en grâce des prix à un niveau comparable à la période précédant la pandémie, soit autour de 65 dollars le baril pour les deux références européenne et américaine, a de quoi raviver les tensions.

Fracturation politique

Début janvier, lors du premier sommet de 2021, l’alliance des vingt-trois avait convenu après deux jours d’âpres négociations d’ouvrir petit à petit les vannes jusqu’en mars, usant ainsi avec doigté de son principal pouvoir: jouer du robinet d’or noir pour créer au besoin une « pénurie artificielle », comme le qualifie Stephen Innes, d’Axi, à même de soutenir les prix.

Au total, l’alliance avait convenu de laisser sous terre 7,125 millions de barils quotidiens en février puis 7,05 millions en mars, des coupes qui restent très importantes.

La Russie et le Kazakhstan avaient obtenu d’assurer seuls l’augmentation progressive de la production du groupe quand l’Arabie saoudite créait la surprise en réduisant la sienne d’un million de barils quotidiens supplémentaire.

Les analystes y ont vu la largeur du fossé qui sépare Ryad et Moscou et n’ont qu’une seule question en tête: dans quelle mesure les membres de l’Opep+ vont-ils desserrer la vis en avril?

Il est probable « que la hausse des prix du pétrole entraîne un relâchement plus rapide des coupes », avancent les analystes de Capital Economics, de même que la reprise de la demande d’or noir en Chine et dans le reste du monde à mesure que les campagnes de vaccinations font leur oeuvre et que le Covid-19 reflue.

Pommes de discorde

Pour pimenter encore davantage les échanges, les sujets de controverse ne manquent pas au sein de l’alliance.

Celui du respect des quotas par chacun des membres, gage de sérieux et de crédibilité de l’accord, revient régulièrement sur la table et ne manquera pas d’être abordé encore cette semaine.

L’effort de coupe est en effet si pénible pour les finances des vingt pays qui y sont soumis (l’Iran, le Venezuela et la Libye sont exemptés) que certains comme l’Irak ou le Nigeria cèdent à l’appel de la triche, au prix de remontrances du chef de file saoudien et de promesses de compensations, souvent différées.

Le retour sur le marché de la production de l’Iran en cas d’assouplissement des sanctions américaines, rendu plus probable depuis l’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche, plane aussi sur le fragile équilibre entre offre et demande que surveillent le cartel et ses alliés.

En préambule la veille, mercredi, le club de producteurs échangera par visioconférence au cours du désormais mensuel Comité de suivi de l’accord en vigueur de réduction de la production du groupe (JMMC).

Source Le Journal de Montréal

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