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Les répercussions économiques du Coronavirus plombent le marché : Les prix du pétrole en baisse

Par El Watan | le Mercredi 29 Janvier 2020

Les répercussions économiques du Coronavirus plombent le marché : Les prix du pétrole en baisse

Les contrats à terme se négociaient, hier, autour de 53 dollars le baril à New York, et largement sous les 60 dollars à Londres, place de cotation du pétrole algérien.

A New York, le West Texas Intermediate pour livraison en mars avait clôturé, lundi, au plus bas depuis le 15 octobre, alors que le Brent pour le règlement de mars a baissé lundi de 66 cents à 58,66 dollars le baril sur la Bourse londonienne ICE Futures Europe, après une baisse de 2,3%. Hier, les valeurs étaient encore négatives, les craintes grandissant quant à la manière dont le virus pourrait freiner la demande.

«Compte tenu de l’incertitude sur le confinement, la durée et l’impact économique de l’épidémie de coronavirus en Chine, le marché pétrolier s’est naturellement concentré sur l’effet négatif du virus sur la demande de pétrole, notamment en kérosène», a déclaré Harry Tchilinguirian, responsable des produits de base, stratégie de marché chez BNP Paribas SA, cité par Bloomberg

L’Arabie Saoudite, le plus grand exportateur mondial de pétrole, a tenté, malgré la situation, de rassurer les marchés en affirmant qu’elle «surveille de près» les effets de l’épidémie de coronavirus chinois sur le marché pétrolier, tout en estimant que jusqu’à présent la crise aura un «impact très limité» sur la demande mondiale. «L’impact actuel sur les marchés mondiaux, notamment le pétrole et d’autres matières premières, est principalement dû à des facteurs psychologiques et à des attentes extrêmement négatives adoptées par certains acteurs du marché malgré son impact très limité sur la demande mondiale de pétrole», a déclaré le ministre saoudien de l’Energie, le prince Abdulaziz Ben Salmane.

Le responsable saoudien a déclaré que le royaume surveillait de près la situation tant pour son impact sur l’économie chinoise que pour les fondamentaux du marché du brut. Il a cependant estimé que le même «pessimisme extrême» qui affligeait le marché s’est également produit en 2003 lors de l’épidémie de virus du SRAS, faisant qu’elle n’a pourtant «entraîné aucune réduction significative de la demande de pétrole».

L’Opep+ pourrait réduire encore sa production en mars

Riyad a néanmoins déclaré que la coalition de pays de l’OPEP+ avait la capacité et la flexibilité nécessaires pour répondre à toute baisse de la demande si nécessaire.

Par ailleurs, le ministère de l’Energie des Emirats arabes unis a déclaré, lundi, que les marchés pétroliers ne devraient pas réagir de manière excessive au potentiel perçu de baisse de la demande de pétrole en raison de l’épidémie de coronavirus. «Il est important de ne pas exagérer les projections liées aux futures baisses de la demande de pétrole en raison des événements en Chine, et le marché ne réagit pas de manière excessive en fonction de facteurs psychologiques, poussés par certains commerçants du marché», a déclaré le ministre. Pour sa part, le ministère algérien de l’Energie, Mohamed Arkab, a déclaré que si l’OPEP «surveillait de près l’évolution» du marché pétrolier, le fait que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’ait pas déclaré l’épidémie une urgence internationale signifiait que «l’impact sur les perspectives de la demande mondiale de pétrole serait limité».

Pourtant, si les prix du pétrole ne montrent aucun signe de reprise, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) prévoit de débattre de plusieurs options lorsque le groupe se réunira début mars, y compris des baisses de production potentiellement plus accentuées ou l’extension des actuelles jusqu’à la fin de 2020, selon un délégué cité par Bloomberg. L’OPEP n’a pas encore pris de décision sur l’avenir des coupes, a cependant déclaré la même source.

Sur le plan sanitaire, le coronavirus s’est propagé davantage, et la Chine a signalé une augmentation des décès et des infections, le pays a prolongé les vacances du Nouvel An lunaire de trois jours.

Le Canada a confirmé son premier cas, tandis que les Etats-Unis en ont annoncé un cinquième.

Le président Xi Jinping a ordonné, samedi, une réponse plus rapide, envoyant des équipes dans des zones durement touchées pour pousser les responsables locaux à renforcer la prévention et le confinement. L’épidémie du virus perturbe les voyages en cette période où des centaines de millions de Chinois se déplacent ou rentrent chez eux. Les autorités chinoises ont verrouillé des villes regroupant 50 millions de personnes autour de l’épicentre de l’épidémie à Wuhan. Il faut dire aussi que la réduction des voyages fait craindre une diminution de la demande de kérosène du plus grand importateur mondial de pétrole.

Le WTI se dirige vers la plus forte baisse mensuelle depuis mai

L’activité aérienne dans les cinq aéroports les plus proches de Wuhan a chuté de 48% par rapport à la semaine précédente, tandis que le trafic aérien à Shanghai et à Shenzhen a également diminué, au moment où les vacances du Nouvel An lunaire auraient dû l’augmenter, selon RBC Capital Markets. Le nombre de décès est passé à 106 en Chine et des infections ont été signalées dans toute l’Asie ainsi qu’aux Etats-Unis, en France, au Canada et en Allemagne.

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