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Les cours du pétrole au plus haut

Par Liberté | le Dimanche 06 Février 2022

Les cours du pétrole au plus haut

Les cours du pétrole ont atteint des sommets, le brent se négociant en fin de semaine à plus de 93 dollars le baril, permettant ainsi au secteur de l’énergie d’afficher des rendements élevés.

Plusieurs facteurs jouent dans cette hausse : l’attitude prudente adoptée par l’Opep+ – elle a augmenté de façon limitée l’offre–, la vague de froid aux Etats-Unis et la crise ukrainienne qui s’installe.

Il y a une inquiétude significative au sujet de la situation au Texas, a rapporté Robert Yawger, responsable des contrats à terme sur l’énergie chez Mizuho Securities, cité par des médias internationaux. L’état du Texas est, en effet, frappé par une tempête hivernale, qui a fait plonger les températures nettement en dessous de zéro dans certaines régions.

Selon l’agence Bloomberg, un opérateur important du bassin permien, la plus grande zone d’extraction du pétrole de schiste aux Etats-Unis, a dû réduire sa production, faute de camions-citernes disponibles.

Une tempête arrive aussi dans le nord-est du pays, zone la plus peuplée des Etats-Unis, ce qui a entraîné une augmentation de la consommation d’énergie.

Ainsi, le relèvement de la demande de pétrole liée au froid tire forcément vers le haut les prix de l’or noir. Il reste qu’il s’agit là d’un facteur conjoncturel, qui ne devait pas être considéré comme un indicateur particulièrement révélateur de la situation du marché.

Quant à la crise ukranienne, elle fait peser des risques en termes d’approvisionnements des marchés ; elle implique de gros producteurs comme la Russie et l’Arabie saoudite, deux pays qui influent sur la prise de décisions au sein de l’Opep+. Malgré les efforts diplomatiques intenses, la crise reste très préoccupante.

Dans ce contexte géopolitique difficile, l’Opep+ a adopté, à la faveur de sa réunion tenue le 2 février dernier, une attitude incommodante – du point de vue des pays consommateurs – en augmentant légèrement l’offre pétrolière (400 000 barils/jour).

En fait, l’alliance ne pouvait faire autrement que de s’en tenir à une stratégie prudente qui permette au marché de fonctionner correctement, a fortiori dans une conjoncture où la demande pétrolière se reprend, mais lentement, et où l’économie mondiale est encore grippée. Une autre donnée essentielle au tableau des indicateurs : l’évolution de la production.

Selon certains observateurs, même si le relèvement de la production (400 000 barils/jour) annoncé à l’occasion de cette réunion est modeste, le marché craint que “l'Opep+ ne soit pas en mesure” d’atteindre ses objectifs de production.

Un certain nombre de pays, comme l’Angola et le Nigeria, ne sont tout simplement “pas en mesure d’augmenter davantage leur production”, confirme Carsten Fritsch de Commerzbank, cité par l’AFP, et les autres Etats ne souhaitent pas combler l’écart.

En décembre 2021, le volume total de l’Opep+ n’a augmenté que de 90 000 barils par jour, bien loin de l’objectif fixé à 400 000 barils, selon une enquête de l’agence Bloomberg. Les producteurs n’ont pas suffisamment investi, ces sept dernières années, dans l’exploration. Evidemment, la production en a pris un coup !

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