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Le PIB de l’Algérie se contracterait de -6,7%

Par Liberté | le Mardi 13 Octobre 2020

Le PIB de l’Algérie se contracterait de -6,7%

L’assureur-crédit, Euler Hermes, filiale du groupe allemand Allianz, classe l’Algérie dans la catégorie C4, concernant le risque pays. L’assureur-crédit pointe “un risque élevé pour les entreprises”.

Euler Hermes prévoit une contraction du produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie de -6,7% cette année, avant de remonter à +3,4% en 2021 sous l'impulsion d'une hausse des prix des hydrocarbures et d'un effet de rattrapage mécanique.

La filiale du groupe Allianz indique que “l’épidémie de Covid-19 a durement frappé l'économie algérienne, alors que la dynamique de croissance était déjà en sourdine”.

La forte baisse des prix des hydrocarbures et les mesures de distanciation sociale pour contenir la propagation du virus, relève Euler Hermes, ont fortement pesé sur l'activité.

L’assureur-crédit constate que depuis 2014, “plusieurs goulots d'étranglement limitent le potentiel de croissance du pays”. La croissance économique n'a généralement pas réussi à rattraper le rythme de la croissance démographique.

La baisse tendancielle de la production d'hydrocarbures et la détérioration des infrastructures, entre autres, “sont les principaux problèmes structurels du modèle économique algérien”, estime l’assureur.

Le ralentissement de la consommation privée et le gel des investissements publics en raison de la réduction des dépenses ont également entravé l'activité économique ces dernières années.

“Le PIB n'a progressé que de +0,7% en 2019, contre +3,2% en 2016”, note Euler Hermes, soulignant la dépendance de l’économie algérienne aux hydrocarbures.L’assureur-crédit signale, aussi, la détérioration des comptes extérieurs depuis le choc des prix du pétrole en 2014.

Euler Hermes indique que les importants excédents annuels du compte courant (supérieur à 10% du PIB entre 2005 et 2012) ont, par le passé, permis à l'Algérie d'accumuler des quantités importantes de réserves de changes et de réduire sa dette publique.

“Cependant, un renversement rapide et structurel de l'excédent du compte courant s'est produit à la suite du choc des prix du pétrole en 2014”, relève l’assureur-crédit.

“Les réserves de changes, qui ont atteint 195 milliards de dollars en 2013 (environ trois ans de couverture des importations), ont fortement baissé à environ 62 milliards de dollars (environ 11 mois de couverture des importations) en décembre 2019”, fait-il remarquer.

Pour Euler Hermes, la forte contraction des exportations d'énergie, en raison de l'épidémie de Covid-19, pèsera sur le secteur extérieur en 2020. L’assureur-crédit prévoit une hausse du déficit du compte courant à -18% du PIB en 2020, contre -11% du PIB en 2019.

Le déficit se réduirait progressivement à moyen terme. Avec l'impulsion des dépenses liées à la Covid-19 et à la baisse de la fiscalité pétrolière, la filiale du groupe allemand Allianz table sur l’augmentation du déficit budgétaire, qui pourrait atteindre -15% du PIB cette année.

“L'instabilité politique reste un risque notable en Algérie et pèse sur les décisions d'investissement et de consommation, avec des répercussions négatives sur le commerce”, soutient Euler Hermes. Ce dernier estime que “la pauvreté, le manque d'opportunités d'emploi et le contexte économique difficile devraient alimenter le mécontentement”.

M. R.

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