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Le pétrole a du plomb dans l’aile

Par Liberté | le Lundi 08 Juillet 2019

Le pétrole a du plomb dans l’aile

Des observateurs sont d’avis qu’il s’agit d’une situation passagère et qu’il y a de fortes chances pour que les cours se redressent, d’autant plus que des signes encourageants tendent à se faire sentir du côté de l’offre.

Les cours du pétrole continuent de perdre de la vigueur. La prorogation de neuf mois de l’accord de limitation de la production décidée la semaine dernière par l’Opep et ses partenaires non-Opep, à l’occasion de leur réunion conjointe tenue les 1er et 2 juillet à Vienne, n’a pas permis de leur faire prendre des forces. Vendredi dernier, ils ont connu une légère hausse, soutenus par un regain de tensions géopolitiques après l’arraisonnement par la Grande-Bretagne d’un pétrolier iranien et par des chiffres solides sur l’emploi américain. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s’est apprécié de 93 cents pour finir à 64,23 dollars à Londres ; ce n’est pas une tendance encourageante, notamment pour les petits producteurs qui éprouvent d’énormes difficultés à cerner leur budget. Pourtant, tous les pays membres de l’Opep, l’Iran compris, et leurs alliés regardent dans la même direction, se montrant soucieux de préserver l’accord de baisse de la production et de conférer de la visibilité au marché, avec une priorité absolue, celle de dégager une marge assez significative dans la courbe des prix (autour de 70 dollars le baril). Sur le plan de la cohésion au sein du groupe Opep+, les producteurs en ont donné la preuve, à la faveur de leur rencontre à Vienne, envoyant un signal fort au marché.

Mais ce consensus autour d’une stratégie de défense des prix ne s’est pas révélé payant jusqu’ici. Les cours ont clôturé la semaine sur une légère, voire insignifiante hausse. Cependant, certains observateurs sont d’avis qu’il s’agit plutôt d’une situation passagère et qu’il y a de fortes chances pour que les cours se redressent, du moins dans le court terme, d’autant plus que des signes encourageants tendent à se faire sentir du côté de l’offre. En effet, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, composée de quatorze membres, a pompé 29,60 millions de barils/jour le mois dernier, en baisse de 170 000 barils/jour par rapport au mois de mai. Avec ce chiffre, la production de pétrole de l’Opep a atteint son plus bas niveau en juin dernier, du jamais vu depuis 2014. Malgré une augmentation de sa production, l’Arabie saoudite n’a pas pu compenser le recul de la production en Iran et au Venezuela, conséquemment aux sanctions américaines.

L’offre est ainsi sur une pente baissière et devrait faire grimper les cours de l’or noir. Ce facteur favorisant la reprise des cours pourrait néanmoins se révéler improductif, à l’heure où l’économie mondiale montre de sérieux signes d’essoufflement, pénalisée essentiellement par le regain de tension commerciale entre les États-Unis et ses principaux partenaires. En décembre 2018, faut-il le rappeler, l’Opep avait convenu avec les pays producteurs non-Opep, dont la Russie, d’une baisse de leur production de 1,2 million de barils/jour à partir du 1er janvier 2019, répartie entre 800 000 barils/jour pour l’Opep et 400 000 barils/jour pour les pays partenaires dans l’accord non-Opep. Un Comité de suivi ministériel conjoint Opep/non-Opep (JMMC), chargé de veiller à ce que l’accord en question soit appliqué de manière aussi cohérente que possible dans le temps. Le JMMC est composé de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Algérie, des Émirats arabes unis (EAU), de l’Iraq, du Kazakhstan, du Koweït, du Nigeria et du Venezuela.

Youcef Salami

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