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La production américaine de brut passe à 11,9 MBJ

Par Liberté | le Samedi 02 Février 2019

La production américaine de brut passe à 11,9 MBJ

Pendant que l’Opep et ses partenaires non-Opep tentent d’absorber les excédents du marché par la réduction de leur offre, la production américaine, elle, ne connaît aucun répit et vient de battre un nouveau record.

Elle s’était établie à 11,9 millions de barils par jour en moyenne en novembre, soit 3% de plus que le mois précédent et 18% de plus qu'en novembre 2017. Du jamais vu ! La production américaine évolue bien plus rapidement que ce qui a été prévu, nourrissant davantage les inquiétudes sur l’abondance de l’offre et sur l’éventualité que les mesures de l’Opep et ses alliés soient sans grande efficacité sur les fondamentaux du marché. Les nouvelles données, datées de jeudi dernier, montrent que l’Opep est en parfaite conformité avec les accords de réduction de son offre. La production de pétrole de l'Organisation est tombée à 30,85 millions de barils par jour en moyenne en janvier, en raison principalement de coupes réalisées par l'Arabie saoudite.

Les 11 membres de l’Opep signataires des accords du 7 décembre dernier ont réalisé un taux de conformité de 109%. Les accords, faut-il le rappeler, portaient sur une réduction journalière de 1,2 million de barils, soutenue à raison de 800 000 barils/jour par les membres de l’Opep et à 400 000 barils/jour par leurs partenaires non-Opep, dont la Russie qui avait hérité d’une réduction de 280 000 barils/jour. Mises en application depuis le 1er janvier dernier, ces réductions ont réussi jusqu’ici à endiguer une chute vertigineuse des cours qui avaient perdu environ 40% de leur valeur depuis début octobre 2018. Le pétrole a ainsi grappillé d’importants gains en janvier, alors que les mesures de réduction de l’offre commençaient à s’enraciner et à apaiser la panique sur l’état de santé de l’économie mondiale. La référence américaine, le WTI, a ainsi bondi de 18% en janvier, récupérant environ le tiers des pertes d’un repli spectaculaire amorcé depuis début octobre, alors que la crainte d’une surabondance mondiale régressait.

Le Brent n’est pas en reste, puisque les contrats à terme ont augmenté de 15% ce mois-ci, la plus forte hausse enregistrée depuis avril 2016. Le contrat d'avril, plus actif, a reculé de 70 cents pour s'établir à 60,84 dollars. Le brut de référence mondial était à une prime de 8,10 dollars par rapport au WTI qui, lui, enregistre son gain mensuel le plus important de tous les records de janvier depuis 1983.
Le pétrole a rebondi cette année après avoir plongé de près de 40% au dernier trimestre de 2018. Cette chute a incité l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés à s'engager à réduire leur offre afin d'aider à compenser la croissance de la production américaine. Celle-ci ne montre, néanmoins, aucun signe d’essoufflement, touchant désormais un plafond inégalé pouvant mettre à rude épreuve l’engagement de l’Opep et ses alliés en faveur d’un rééquilibrage du marché.

Ali Titouche

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