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La Banque d’Algérie à la rescousse

Par Al Iqtisadia | le Dimanche 07 Juin 2020

La Banque d’Algérie à la rescousse

Le financement des déficits abyssaux du Trésor public et du budget de l’État devra vraisemblablement passer par un recours accru aux instruments de politique monétaire et aux concours de la Banque d’Algérie (BA), même si le gouvernement exclut jusqu’ici toute réactivation du dispositif de la planche à billets.

Interpellé, tout récemment à l’Assemblée populaire nationale (APN), sur la question du financement des déficits publics, le directeur général du Trésor, Fayçal Tadinit a ainsi indiqué que le Trésor travaille avec la Banque d’Algérie pour trouver des solutions innovantes par rapport à celles utilisées par le passé, tout en écartant l’option du financement non conventionnel, soit celle de la planche à billets.

La Banque centrale, a-t-il fait comprendre très explicitement, “travaille notamment sur le rachat de dettes publiques et sur l’amélioration des conditions de refinancement afin d’injecter la quantité de liquidités nécessaires dans l’économie”. Des études approfondies, a-t-il encore avancé, “sont actuellement en cours” afin de mettre en place cette instrumentation monétaire.

Pour beaucoup d’économistes, faut-il le souligner, la mise à contribution ainsi attendue de la Banque d’Algérie pour faire face aux déficits budgétaires et du Trésor n’iront pas sans une politique évidente d’expansion monétaire, tandis que le recours, rejeté jusqu’ici par le gouvernement, à la planche à billets finira par devenir à très court terme non seulement incontournable, mais aussi souhaitable, compte tenu de l’aggravation des déséquilibres financiers de l’État.

“Hormis les outils classiques de refinancement et de réescompte par la Banque centrale, il ne peut exister d’autres formules, innovantes ou pas, sinon le financement non conventionnel par la planche à billets”, nous affirment en ce sens des responsables de la place bancaire locale.

Alors que le déficit budgétaire devra s’établir à -1 976,9 milliards de dinars, soit -10,4% du produit intérieur brut (PIB) selon les prévisions de la loi de finances complémentaire 2020, le recours au financement non conventionnel risque ainsi de s’imposer très rapidement au gouvernement, d’autant que les concours directs des Banques centrales sont désormais couramment sollicités à travers le monde pour faire face aux retombées de la crise sanitaire en cours.

 

Liberte

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