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Introduction des PME en Bourse : Un compartiment en stand-by

Par Al Iqtisadia | le Lundi 06 Juillet 2020

Introduction des PME en Bourse : Un compartiment en stand-by

Créé en 2012, le compartiment réservé aux petites et moyennes entreprises (PME) au sein de la Bourse d’Alger avait fait l’objet d’un projet diligenté par le ministère des Finances.

La cotation des titres de PME sur la place boursière, une expérience alors inédite dans le paysage financier algérien, a été soumise à une réglementation spécifique à l’effet de permettre à ces entités d’intégrer le marché boursier et d’accéder ainsi à des ressources financières alternatives aux crédits bancaires pour leurs besoins de développement et d’extension de leurs activités.

Toutefois, pour pouvoir prétendre à une place au compartiment qui leur est dédié, les PME doivent répondre au préalable à une série d’exigences et de critères, préalables à l’obtention du visa de la Commission de suivi des opérations en Bourse (Cosob), d’où l’hésitation à faire le premier pas.

Il faut surtout souligner que les PME, dans leur majorité familiales, refusent catégoriquement d’ouvrir leurs capital aux contributions de parties tierces quel que soit leur statut. Aussi, la question a été de tout temps posée quant aux capacités d’une grande partie des PME à s’adapter aux conditions du marché financier, ou encore à décrocher des financements adéquats et à long terme. L’initiative marque aujourd’hui ses neuf ans, mais le bilan est loin de traduire l’optimisme qui avait prévalu au départ. «Le compartiment des PME de la Bourse d’Alger ne compte qu’une seule entreprise cotée depuis le 12 décembre 2018, en l’occurrence la société AOM Invest admise avec inscription directe suite au placement de 10% de son capital auprès d’investisseurs institutionnels», déplore la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse dans son rapport annuel de 2019.

L’autre indicateur révélateur qui ressort du bilan de l’autorité de régulation du marché financier, en l’occurrence la COSOB, est que «le titre AOM Invest n’a enregistré, durant l’année 2019, que trois (03) transactions portant sur 280 actions, pour un montant s’élevant à 117.200 DA». Selon le directeur général de la Société de gestion de la bourse des valeurs (SGBV), cette hésitation des PME à rejoindre la Bourse s’explique aussi par le fait que «certaines entreprises ne sont pas suffisamment structurées pour venir sur le marché».

Par conséquent, les fonds d’investissement ont un rôle capital à assumer à ce niveau pour justement préparer les PME intéressées dans leur processus d’introduction en Bourse, selon M. Yazid Benmouhoub. Aussi, avec un nombre réduit de sociétés cotées en Bourse actuellement, d’autres entreprises pourraient rejoindre la Bourse, ce qui contribuerait à «l’optimisation fiscale et à créer la liquidité pour un marché dynamique», soulignait à ce propos le DG de la Bourse d’Alger. En effet, même si l’engouement des PME y est, on ne peut occulter cette réalité que le dynamisme de la Bourse d’Alger demeure encore faible, notamment en matière de financement de l’économie qui reste marginal, comparativement aux banques pour des raisons évidentes.

Source El Moudjahid

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