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Industrie pharmaceutique : De nouvelles mesures pour la révision des prix

Par El Moudjahid | le Jeudi 30 Janvier 2020

Industrie pharmaceutique : De nouvelles mesures pour la révision des prix

«Des mesures cohérentes seront prises dans la révision des prix des médicaments avec un calcul d’impact sur les industriels et les entreprises concernées», c’est ce qu’a annoncé, hier, à Alger, le ministère délégué chargé de l’industrie pharmaceutique auprès du ministère de la Santé, Lotfi Djamel Benbahmed qui s’exprimait à l’ouverture des travaux des 3es Journées de l’Industrie pharmaceutique algérienne (JIPA), organisée par l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP), a annoncé la mis en place d’un comité des prix qui est entrain d’évoluer la situation à l’initiative du secteur. M. Benbahmed a souligné la prise en compte réelle de l’impact et l’importance de l’industrie pharmaceutique en Algérie, faisant part du lancement incessamment d’une concertation effective avec les acteurs concernés. «L’impact sur cette révision ne pourra avoir des conséquences importantes sur les entreprises », a-t-il rassuré.
M. Benbahmed, qui connaît dans le détail les problèmes rencontrés dans ce secteur, a évoqué la problématique des marges qui se pose. «Nous sommes dans une situation paradoxale et devant une réglementation qui se contredit», a fait observer le ministre délégué, ajoutant d’une part, il ya une marge de 20% sur la production nationale et par ailleurs on négocie. Selon lui, si la marge de 20% est appliquée, il ne peut pas y avoir des négociations. M. Benbahmed a, à ce propos, indiqué qu’un travaille en collaboration avec le ministère du commerce est actuellement en cours pour la révision du système de marges qui, a-t-il dit, est complètement incohérent. «Ces marges fixées à 20% créaient un système contreproductif et parfois il incitait certains à faire un calcul de prix à rebours pour arriver au prix négocié», a précisant que «la maîtrise du prix du médicament intéresse l’équilibre de la sécurité sociale en premier lieu. Aussi pour garantir la disponibilité continue du produit pharmaceutique, notamment les médicaments essentiels au citoyen, le ministère délégué chargé de l’industrie pharmaceutique a annoncé un certain nombre de mesures qui, selon ses termes, sont d’ores et déjà prises.
Il fera savoir qu’il s’agit notamment des mesures de déclarations qui seront obligatoire pour l’ensemble des opérateurs responsables à l’importation et à la production et la mise en place d’un système d’information pour assurer la traçabilité de l’ensemble des produits et de la responsabilité pharmaceutiques. «Dès la semaine prochaine l’ensemble des opérateurs feront l’objet d’une sollicitation pour un certain nombre d’informations», a indiqué M. Benbahmed qui souligne l’importance de la liste des médicaments pharmaceutique. «C’est l’une des problématiques auxquelles sont confrontés pas seulement les acteurs de la chaîne mais surtout nos concitoyens pour lesquels nous serons jugés de manière continue», a fait remarquer le responsable.
L’orateur a souligné la nécessité de répondre aux besoins du citoyen en termes de disponibilité continue de médicaments sûrs, efficaces, de qualité, et économiquement accessibles à travers le développement et la diversification de une industrie permettant, a-t-il précisé, la maîtrise de la facture des produits pharmaceutiques et constituant une source d’exportation hors hydrocarbures.
Une baisse de 35% sur la facture d’importations des médicaments passant de 1,9 milliards de dollars en 2009 à moins de 1,1 milliards de dollars en 2019. Il a, dans le contexte, annoncé la création d’un couloir vert pour soutenir la production nationale pour permettre de faire des économies sur la facture d’importation des médicaments.
M. Benbahmed a dans son intervention a énuméré les progrès indéniables réalisés dans le secteur, qui se sont traduits par une couverture des besoins en produits pharmaceutique à plus de 50% en valeur et la création d’un tissu industriel important. Poursuivant ses propos, il dira qu’aujourd’hui notre stratégie, en application du programme du président de la République, vise à concilier et atteindre nos objectifs à travers l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique pharmaceutique et industrielle cohérente sur les plans réglementaire et économique, couvrant l’ensemble du circuit du médicament en Algérie. «Cette stratégie s’inscrit résolument dans une démarche de collaboration active et transparente», a explique M. Benbahmed, joutant que «les instructions et les orientations que nous avons reçus sont claires, nous travaillerons avec tout le monde sur tous les textes réglementaires à élaborer et les actions à mette en œuvre. «Une politique ne peut être cohérente sauf s’il y a l’adhésion et l’engagement de toutes les parties concernées», a-t-il encore insisté.
De son côté, M. Abdelouahed Kerrar, président de l’UNOP a indiqué que l’organisation des journées intervient cette année dans un contexte marqué par un événement de grande importance, celui de la création d’un département ministériel dédié au développement de l’industrie pharmaceutique nationale.
Il a tenu à saluer cette décision qui, selon ses termes, témoigne l’intérêt particulier qu’accordent les plus hautes autorités du pays à l’industrie pharmaceutique.
Dans son allocution, M. Kerrar a relevé la nécessité de réunir les conditions susceptibles d’attendre les objectifs tracés afin de couvrir les besoins de la demande en médicament de production locale. Il a, également mis l’accent sur la nécessité de mettre sur pied un program programme d’action qui fixe les modalités de la mise en œuvre, qu’il s’agisse de priorités en termes de produits, de redynamisation de l’enregistrement, de conditions économiques à réunir et des dispositifs réglementaires à aménager pour booster la filière.
Saisissant l’occasion le président de l’UNOP a mis en relief les réalisations accomplies par l’industrie pharmaceutique au cours des dernières années. Cette industrie, a-t-il rappelé, qui a connu un taux de croissance de deux chiffres et à avoir gagné des parts de marché face aux importations. « Une baisse de 35% sur la facture de importations des médicaments passant de 1,9 milliards de dollars en 2009 à moins de 1,1 milliards de dollars en 2019», a-t-il enfin conclu.
Kamélia Hadjib

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