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Hôtellerie en Algérie : L’œuvre de Pouillon, un patrimoine à préserver

Par El Watan | le Mardi 13 Octobre 2020

Hôtellerie en Algérie : L’œuvre de Pouillon, un patrimoine à préserver

Le ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial a exhorté les gérants des hôtels, notamment publics, à «changer les mentalités dans la gestion et de rajeunir les effectifs pour donner un second souffle au secteur».

En visite samedi dans la wilaya de Biskra, Mohamed Hamidou, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, a inspecté les travaux de réaménagement de l’hôtel les Ziban dans le centre-ville, dont la première partie est attendue le 15 novembre prochain.

Il a entendu en outre l’exposé de l’Entreprise de gestion touristique de Biskra (EGT Biskra) concernant le projet de modernisation du complexe Hammam Essalihine, composé de trois hôtels, un centre de traitement thermal, un hammam traditionnel et d’autres installations. Il a ordonné aux responsables de l’entreprise de commencer immédiatement les travaux avant la fin de l’année.

Le ministre a exhorté les gérants des hôtels, notamment publics, à «changer les mentalités dans la gestion et de rajeunir les effectifs pour donner un second souffle au secteur».

Il a également insisté sur le lancement des procédures de classification des hôtels Pouillon (37 hôtels) pour «les inclure dans le patrimoine national». Il faut rappeler que le groupe Hôtellerie, Tourisme, Thermalisme (HTT) avait engagé une réflexion dans ce sens.

Une demande a même été faite avec des dossiers déposés au niveau du ministère de la Culture mais sans aucune suite à ce jour.

Le ministre du Tourisme devra relancer ce dossier, car le ministère de la Culture tarde à réagir, alors qu’il y a une grande concurrence entre les Iraniens et les Français autour de l’héritage de cet architecte, mais le pays où il a réalisé beaucoup d’œuvres c’est l’Algérie.

Un projet de création de la maison Pouillon est prévu à Sidi Fredj pour exposer ses œuvres dans le tourisme, la santé et l’habitat.

Lors du 19e Salon international du tourisme et des voyages (Sitev), le HTT avait tenté de lancer le circuit «Sur les traces de l’architecte Fernand Pouillon». Plusieurs hôtels ont été conçus par l’architecte Fernand Pouillon.

Une architecture qui présente des références multiculturelles, mais aussi une grande richesse compositionnelle, puisque le modèle est la ville méditerranéenne avec ses rues, ruelles, impasses, portes urbaines et placettes (complexe de Sidi Fredj, Tipasa la Corne d’Or et Tipasa Matarès).

La majorité des hôtels ont été lancés en Algérie les premières années de l’indépendance et ont été réalisés par Fernand Pouillon entre 1968 et 1979.

Ils sont dirigés par le ministère de Tourisme pour lequel la plupart de ces projets sont la traduction d’une politique, qu’il s’agit d’une part d’aménager les villes côtières par les infrastructures touristiques, et d’autre part pour créer un maillage d’équipements à travers tout le territoire.

Mais la quasi-totalité des complexes touristiques sont situés dans le Sud algérien, tels que Touat (Adrar) et le Gourara (Timimoun), Antar (Béchar), M’zab (Ghardaïa) ou Tahat (Tamanrasset) avec une diversité étonnante.

Sa conception est toujours originale, parce qu’il pense que le touriste cherche à être dépaysé et à découvrir ce qui a existé dans le pays visité, à commencer par le patrimoine matériel jusqu’au patrimoine immatériel.

Evoquer Pouillon, c’est aussi parler du théâtre de la Corne d’Or à Tipasa. Pour reconstituer ce faubourg, Fernand Pouillon s’inspira d’une carte du XVIe siècle et de ruines romaines encore présentes sur place.

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