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Forum économique algéro-espagnol : Un partenariat et des difficultés

Par El Watan | le Jeudi 04 Juillet 2019

Forum économique algéro-espagnol : Un partenariat et des difficultés

Casa Mediterráneo est une institution axée sur la coopération politique et économique, et a été le théâtre de plusieurs forums visant à renforcer les liens existant avec les villes d’Alicante et Oran, pour favoriser les importations et les exportations entre les deux localités de la Méditerranée, dans le but de promouvoir les échanges économiques.

Les relations bilatérales entre l’Algérie et l’Espagne, souvent qualifiées d’excellentes, sont dans certains cas soumises à certaines difficultés et incompréhensions. Peut-on développer une vraie coopération quand la circulation des personnes entre les deux pays pose problème ? Cette problématique d’octroi de visas a été soulevée lors de ce forum.

Pas seulement, car parmi les questions soumises au débat, figurent le 51/49 et les nouvelles positions tarifaires douanières de certains produits. Concernant les visas, un des assistants a mis en exergue l’importance de raccourcir les délais de traitement des dossiers et faciliter la circulation des personnes.

Ce qui entrave cette coopération. A ce propos, le diplomate espagnol en Algérie, Fernando Morán, s’est engagé formellement à améliorer ces délais. Il a déclaré, dans ce sens, qu’un nouveau système sera mis en place pour raccourcir les délais d’attente et a fait savoir qu´en 2018, les consulats d´Espagne en Algérie ont délivré 110 000 visas d´entrée en terre ibérique. Il a précisé par ailleurs que les consulats d´Espagne ont des normes à respecter pour l´octroi des visas, selon les lois espagnoles. Un engagement pour le lequel Taous Feroukhi, ambassadeur d’Algérie à Madrid, a pris officiellement note.

Pour les nouvelles positions tarifaires douanières, la diplomate algérienne a encouragé les entreprises espagnoles à investir davantage en Algérie pour garantir «un intérêt mutuel». Elle a aussi expliqué que la formule 51/49 ne pose pas de problème, car, généralement, ce sont les Espagnols qui gèrent ces sociétés mixtes créées dans ce cadre. Au sujet de nouvelles taxes douanières, l’ambassadrice a souligné que l’Algérie doit encourager la production locale.

Ce forum, parrainé par El banco Sabadell (une banque possédant un bureau de représentation en Algérie), a conduit à une réunion B2B (business to business) afin de faciliter les contacts entre les deux délégations. Du côté algérien, une délégation composée de 40 hommes d’affaires est dirigée par Karim Cherif, président de la Chambre de commerce d’Oran, representant les secteurs agroalimentaire, tourisme, services et exportation, et travaux publics et construction.

Cette rencontre a vu la participation des présidents des Chambres de commerce d’Alicante et d’Oran, Juan Riera et Karim Cherif, ainsi que du directeur général de la Casa Mediterráneo, Javier Hergueta, le consul général d’Espagne à Oran, Álvaro Vermoet, le consul d’Algérie à Alicante, Nacer-Eddine Belgacem, Fernando Morán, ambassadeur d’Espagne en Algérie et Taous Feroukhi, ambassadeur d’Algérie à Madrid.

La règle 49/51 à l’index

Le président de la Chambre d’Alicante, Juan Riera, lors de son intervention, a rappelé qu’Alicante et l’Algérie, et en particulier Oran, «sont étroitement liées depuis que de nombreux Espagnols ont décidé de s’installer dans cette région au début du siècle dernier». En outre, il a ajouté que l’Espagne est le deuxième client de l’Algérie, après l’Italie, avec 5000 millions de dollars, ce qui fait un taux de 12,15% et le quatrième fournisseur avec un volume de 3,530 millions de dollars, ce qui représente une part du marché de7,65%. Cela fait de l’Algérie un partenaire fondamental, non seulement du point de vue énergétique (premier fournisseur de gaz naturel via deux gazoducs), mais aussi un partenaire stratégique et un pays d’opportunités. «C’est pourquoi nous devons être proches», a t- il conclu.

Karim Cherif, président de la Chambre de commerce d’Oran, a rappelé, à son tour, la «relation privilégiée» qui unit les deux pays. «Oran a un grand potentiel en termes d’économie, d’industrie et de commerce», a-t-il déclaré. «Nous représentons des secteurs aussi divers que les services, le tourisme et les activités sportives, et nous sommes disposés à accompagner tous les projets», a-t-il ajouté.

De son côté, Fernando Morán, ambassadeur d’Espagne en Algérie, a estimé que «l´Algérie est un pays stratégique dans tous les domaines», en rappelant qu’en avril 2018, le président du gouvernement de l’époque, Mariano Rajoy, s’est rendu à Alger avec huit ministres, où dix accords de coopération avaient été signés. Il a par ailleurs illustré, avec des chiffres plus que significatifs, l’importance de l’union des deux ports : «94% des achats que l’Espagne fait en Algérie sont liés au gaz et également aux hydrocarbures.

Nous exportons du papier, du carton, des véhicules», a expliqué Fernando Morán. Dans ce sens, il convient de noter que, selon les données fournies par le diplomate, les ventes à destination de l’Algérie ont augmenté de 26,6% en 2018, ce qui correspond à une facturation de 863 millions d’euros au cours des derniers mois. 550 entreprises espagnoles sont installées actuellement en Algérie, sans compter celles qui ne sont pas encore enregistrées au niveau de l’ambassade, a-t-il rappelé.

Taous Feroukhi, ambassadeur d’Algérie à Madrid, a mis l’accent sur la nécessité d’un «engagement commun», en indiquant qu’il est nécessaire de «redoubler d’efforts dans l’investissement en Algérie», tout en rappelant que «l’Espagne a peu investi ces dix dernières années».

 

Ali Aït Mouhoub ,
Notre Correspondant en Espagne

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