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Exportation de gaz : «La crise du coronavirus, une opportunité de renforcer le GECF», selon Attar

Par El Watan | le Mercredi 05 Août 2020

Exportation de gaz : «La crise du coronavirus, une opportunité de renforcer le GECF», selon Attar

Le projet en cours au port de Skikda permettra aux très grands transporteurs de gaz de charger des cargaisons conséquentes ( photo : el watan )

La crise économique déclenchée par la pandémie de coronavirus et la baisse consécutive des prix du gaz représentent une opportunité de renforcer le rôle du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF)», a déclaré le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, dans un entretien accordé à S&P Global Platts.

Abdelmadjid Attar, qui a pris ses fonctions de ministre de l’Energie en juin, rappelle l’agence Platts, a déclaré que la dynamique actuelle régissant le marché mondial du gaz n’avait pas abouti à une stabilisation du marché, et il a appelé à plus de coopération entre les producteurs mondiaux de gaz. «Je pense que cette crise est une opportunité d’innover et d’explorer les voies et moyens de renforcer davantage le GECF», a-t-il déclaré. «Bien sûr, les marchés du gaz sont différents des marchés du pétrole, mais la coopération entre les producteurs et la stabilité du marché sont tout aussi importantes», a-t-il ajouté.

«il n’y a pas d’oPEP du gaz»

L’agence Platts rappelle qu’il n’existe actuellement aucun mécanisme formel permettant aux producteurs mondiaux de gaz de réguler le marché en adoptant une démarche coordonnée, face aux prix bas du gaz, via une intervention sur l’offre, semblable à la démarche du groupe des pays exportateurs de l’OPEP, appliquée sur le marché du pétrole. «Il n’y a pas d’OPEP du gaz», a souligné Abdelmadjid Attar, président de la réunion ministérielle du GECF prévue à Alger le 12 novembre prochain.

Patts rappelle qu’au cours de la dernière décennie, il y a eu des spéculations selon lesquelles le GECF pourrait se transformer en une «OPEP du gaz» avec le pouvoir de gérer les marchés, grâce à une intervention d’approvisionnement, mais le groupe a jusqu’à présent exclu une gestion coordonnée du marché.

Cependant, le secrétaire général du GECF, Yury Sentyurin, a déclaré en juin qu’il considérait l’OPEP comme un «modèle» pour les activités du groupe exportateur de gaz, affirmant qu’il était «grand temps» de mettre en œuvre les connaissances et les solutions de l’industrie pétrolière.

Le GECF – dont les membres comprennent les poids lourds du gaz, la Russie, le Qatar et l’Iran – a vu le jour en 2001 et détient environ 70% des réserves mondiales de gaz prouvées.

Selon Abdelmadjid Attar, les marchés mondiaux du gaz connaissent une surabondance depuis le début de 2019, et la pandémie de coronavirus ne faisait qu’aggraver le déséquilibre, rapporte Platts qui souligne que le ministre algérien de l’Energie a déploré l’état actuel des marchés mondiaux du gaz et le manque de stabilité du marché.

IMPACT DE LA PANDÉMIE SUR l’INDUSTRIE DU GAZ

«Les marchés [du gaz] souffraient déjà d’une offre excédentaire depuis le début de 2019 et la Covid-19 et la baisse de la demande qui en a résulté ont exacerbé cette situation», a-t-il déclaré. «Les prix du gaz ont chuté à des niveaux historiquement bas et la dynamique actuelle du marché n’a pas réussi à stabiliser le marché», a-t-il ajouté. L’agence de presse souligne que l’Algérie est un producteur et un exportateur de gaz-clé – avec des approvisionnements combinés de gazoduc vers l’Europe et des exportations de GNL totalisant 37,5 milliards de mètres cubes en 2019 –, mais une demande plus faible a jusqu’à présent affecté les flux, en 2020.

Abdelmadjid Attar a en outre souligné dans la même interview que le gouvernement et Sonatrach travaillaient pour compenser l’impact de la pandémie sur l’industrie gazière algérienne. «Sonatrach a géré et continue de gérer cette situation exceptionnelle avec ses clients grâce aux flexibilités déjà prévues dans ses contrats gaziers, mais aussi à travers des solutions qui s’adaptent aux conditions du marché», a notamment déclaré Attar, ajoutant que Sonatrach «est en discussion permanente avec ses clients pour trouver des solutions consensuelles, notamment en termes de flexibilité opérationnelle afin de faire face à cette situation exceptionnelle.»

Selon Platts, de nombreux clients de gaz à long terme de Sonatrach jouissent déjà d’une certaine flexibilité intégrée dans leurs contrats d’importation avec la possibilité de proposer des achats en baisse en fonction des besoins. «Les marchés du gaz ont évolué : plus d’acteurs, le commerce du GNL reliant les marchés régionaux, plus de diversité des contrats et des mécanismes de tarification, et plus de concurrence avec d’autres carburants, notamment dans le secteur de l’électricité», souligne le ministre de l’Energie. Il ajoute que «Sonatrach est un acteur important sur le marché du gaz et a développé une réputation de fournisseur fiable. Sa stratégie de coopération est basée sur un esprit ‘‘gagnant-gagnant’’, notamment avec ses partenaires européens.»

L’agence Platts souligne en outre que l’Algérie dispose d’un surplus de capacité d’exportation de gazoduc et de GNL, ce qui lui permet plusieurs options, notamment en ce qui concerne les ventes au comptant. Abdelamdjid Attar souligne dans ce cadre la capacité d’exportation importante du pays, ce qui permet à Sonatrach d’honorer aisément ses engagements contractuels et d’«avoir la flexibilité de placer des quantités supplémentaires sur le marché au comptant».

Dans la même interview, le ministre de l’Energie a ajouté qu’un projet en cours au port de Skikda permettra aux très grands transporteurs de gaz de charger des cargaisons, élargissant ainsi la gamme des options d’approvisionnement en GNL. «La stratégie marketing de Sonatrach est également axée sur la diversification et l’expansion de son portefeuille clients», a déclaré Attar. L’Algérie a commencé, rappelle Platts, à fournir du GNL à un plus grand nombre de pays ces dernières années, avec des volumes croissants fournis à des pays comme le Pakistan et l’Inde.

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