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Exigence d’un taux d’intégration initial de 40%

Par Liberté | le Mardi 03 Novembre 2020

Exigence d’un taux d’intégration initial de 40%

Le nouveau cahier des charges, en cours d’élaboration, pour l’investissement dans l’industrie de l’électroménager et de l’électronique prévoit un taux d’intégration “initial minimum de 40% au lancement de projet”, et de “60% dans les deux ans qui suivront”.

C’est ce qu’a révélé le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, dans un entretien accordé à la revue Echaab économique. Selon lui, cela permettra de “mettre fin aux incitations fiscales dont bénéficiaient les activités de l’électroménager et de l’électronique, sans apporter aucune valeur ajoutée au plan local”. Et, d’ajouter : “Ces avantages fiscaux ont favorisé l’émergence de 59 complexes et de 25 labels dans ce domaine, un tel nombre d’usines et de marques n’existe même pas dans certains grands pays industriels.” Le nouveau cahier des charges place ainsi la barre très haut, resserrant, de fait, les conditions s’appliquant à l’industrie de l’électroménager et de l’électronique.

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose pour le secteur ? En procédant de la sorte, le ministre de l’Industrie affirme vouloir “corriger des dysfonctionnements”. Une approche que ne partagent pas certains spécialistes du secteur. Pour eux, les fabricants doivent partir du principe qu’ils ne peuvent pas compter indéfiniment sur l’appui de l’État. Pour d’autres, le montage dans le domaine de l’électroménager et de l’électronique n’a pas encore atteint son plein potentiel et a besoin encore du soutien de l’État, car, si ces activités en sont privées, les fabricants vont supporter le coût de la production avec leurs seuls moyens. Et, pour veiller à l’équilibre de leur trésorerie, ils seraient contraints de répercuter le coût sur les prix des produits en aval, c’est-à-dire sur le prix à la consommation.

En résumé, le ministre de l’Industrie entend revoir la législation encadrant le secteur en établissant de nouvelles règles “équitables” et qui favoriseraient l’arrivée “d’investissements étrangers sérieux”.
Le ministre a rappelé, dans le même sens, la “suppression de la règle des 51-49 sur l’investissement dans les activités non stratégiques et le remplacement du droit de préemption par le droit d’opposition”. Il a déploré, en outre, le fait que cette disposition (51/49) ait permis “l’arrivée de certains aventuriers qui n’utilisaient pas leur propre capital”.
Selon Ferhat Aït Ali, “il y a environ 150 dossiers, liés à l’exercice du droit de préemption, qui se trouvent en instance au ministère de l’Industrie, depuis 2013”.

Youcef Salami

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