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Développement des activités gazières et pétrolières, M. Guitouni : « Nous devons réussir la digitalisation »

Par El Moudjahid | le Lundi 04 Mars 2019

Développement des activités gazières et pétrolières, M. Guitouni : « Nous devons réussir la digitalisation »

«Nous devons réussir cette digitalisation des activités gazières et pétrolières. Nous avons certes fait beaucoup de progrès, mais force est de constater qu’il nous reste beaucoup de progrès à faire, dans le domaine d’imagerie du sous-sol, de la maintenance préventive et de l’optimisation des processus industriels et de gestion.»
C’est par ces termes, que s’est exprimé, hier, le ministre de l’Énergie, à l’ouverture d’un atelier, tenu au siège de Sonatrach, sur la digitalisation dans le secteur des hydrocarbures, à la veille de la réunion inaugurale du comité scientifique de l’Institut de recherche du gaz.
Pour Mustapha Guitouni, une numérisation réussie, notamment dans les cœurs de métier, comme le sismique ou la modélisation de réservoir, «nous aidera à atteindre les objectifs du secteur de l’Énergie», citant l’augmentation des réserves récupérables au niveau des gisements en exploitation, et l’optimisation des chaînes gazières et pétrolières, ainsi que la réduction des coûts et la contribution à la protection de l’environnement. Cette multitude d’avantages concerne également l’électricité. Le ministre cite la facilitation dans le futur «l’intégration dans le réseau de sources d’énergies renouvelables», un défi qu’il qualifie d’important que «notre plan est fort prometteur en matière d’énergie solaire et éolienne».

Sonatrach opte pour transformation digitale graduelle

Enchaînant, M. Guitouni souligne que la numérisation «n’est pas la panacée», précisant que sa réussite nécessite l’attention, le développement, selon des plans et des normes maîtrisés, et l’intégration complète des risques liés aux attaques informatiques et à la sécurité des données. Aux yeux du ministre, il s’impose de «disposer d’une ressource humaine hautement qualifiée dans ce domaine». C’est pourquoi, enchaîne-t-il, «il est nécessaire d’étendre et d’améliorer nos capacités de formation dans les spécialités liées à l’informatique, aux télécommunications, à l’analyse de données et à la sécurité informatique». D’autre part, le premier responsable du secteur relève que la numérisation, qui modifie profondément le paysage énergétique, «va continuer et s’accélérer», et cite les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie, selon lesquelles l’utilisation des technologies digitales existantes et émergentes pourrait augmenter les réserves mondiales techniquement récupérables de 3% pour le pétrole et de 15% pour le gaz non conventionnel. À ce sujet, M. Guitouni indique que la numérisation des processus, l’analyse avancée des données, le benchmarking, la robotique, l’automatisation et la connectivité «peuvent conduire à apporter des plus-values substantielles», et ont le potentiel de «réduire les coûts et d’améliorer la valeur ajoutée de notre activité».
De son côté, Abdelmoumen Ould Kaddour, PDG de Sonatrach, dans un message lu en son nom, souligne, de prime abord, que l’industrie pétrolière et gazière est en retard sur les autres secteurs industriels. À propos de la transformation digitale, inévitable, il indique qu’elle est destinée essentiellement à réduire structurellement et durablement les coûts de développement et d’exploitation qui sont élevés. M. Ould Kaddour souligne que «la maturité technologique et organisationnelle de Sonatrach nous a ramenés à lancé une transformation digitale graduelle».

Le gaz naturel, une énergie de choix

Dans ce registre, il a passé en revue les différents projets lancés dans ce domaine digital, dont certains visent l’amélioration de la productivité économique, le renforcement de l’économie de la production, ainsi que la gestion de plus d’opérations à distance.
Quant à Farid Ghezali, vice-président stratégie, planification et économie, il a indiqué que le gaz naturel continue à jouer un rôle prépondérant, précisant qu’il est la seule ressource hydrocarbure qui verra l’augmentation de sa part dans le mix énergétique global, laquelle passera de 22% en 2019 à 26% en 2040. Dans ce même ordre d’idées, le même responsable souligne que le GN est une énergie de choix qui peut répondre aux objectifs de la transition énergétique et du développement durable, avec à la clé une série d’avantages qu’elle offre comme l’abordabilité et la flexibilité.
M. Ghezali rappelle la stratégie Sonatrach SH 2030 qui permettra au groupe pétrolier national de consolider sa place parmi les cinq grandes compagnies pétrolières mondiales, en mettant le focus sur l’amélioration des performances. Outre le gaz, Sonatrach compte également développer les hydrocarbures non conventionnels qui sont «une cible importante en matière de ressources nouvelles à développer», et doubler la productivité de ses forages, par, entre autres, la refonte du processus exploratoire. À propos de la numérisation, M. Ghezali l’a qualifié d’«accélérateur de la transformation». Par ailleurs, il convient de rappeler que le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) a adopté à l’unanimité la décision de créer, en Algérie, l’Institut de recherche sur le Gaz (GRI), lors du 4e sommet des chefs d’État et de gouvernement du GECF, tenu le 24 novembre 2017 à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie. C’est à la 19e réunion ministérielle du GECF, tenue le 4 octobre 2017 à Moscou, que la décision d’implanter le GRI en Algérie a été prise. Il a été également décidé de mandater le Conseil exécutif, pour prendre toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre de cette décision et d’affecter 2,4 millions de dollars US du fonds de réserves du GECF, pour financer la période d’initiation de deux ans, à partir de 2018. Fouad Irnatene

Entretien avec le SG du Forum des pays exportateurs de gaz

M. Mustapha Guitouni a reçu le secrétaire général du Forum des pays exportateurs de gaz, Yury P. Sentyurin, en marge d’un atelier sur la digitalisation dans le secteur des hydrocarbures. M. Guitouni a salué les avancées dans l’implémentation en Algérie de l’Institut de recherche du gaz, soulignant les efforts de cette organisation internationale à l’effet de désigner les membres du Conseil scientifique de son institut de recherche, qui tiendra sa réunion inaugurale aujourd’hui à Alger. «Le GRI est un instrument stratégique qui illustre la décision des pays membres du GECF d’étendre leur collaboration à la recherche scientifique et technique dans le domaine du gaz», a déclaré M. Guitouni. Le ministre a également exprimé sa satisfaction quant au nombre et à la pertinence des projets de recherche proposés par l’Algérie et les autres membres du GECF, et qui seront examinés par le Conseil scientifique. De son côté, le secrétaire général du GECF a considéré que l’implémentation du GRI en Algérie était «une priorité».

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