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Commerce et économie au sud du pays : Les propositions du FCE

Par El Watan | le Lundi 01 Janvier 2018

Commerce et économie au sud du pays : Les propositions du FCE

Hammadi Athmane, doyen des présidents des Chambres de commerce et délégué du FCE à Béchar, a réitéré cette semaine ses propositions en vue de mettre à niveau plusieurs segments de l’économie nationale fortement éprouvée par la conjoncture actuelle.

Pour le délégué de l’organisation patronale, le réajustement économique et les équilibres recherchés doivent cibler les énormes potentialités non exploitées dans les régions du Sud, ainsi que la volonté d’élimination des entraves bureaucratiques qui concourent au blocage.

A cet effet, il a préconisé des mesures concrètes de facilitation en matière de circulation des biens et produits commerciaux, notamment en faveur des transporteurs et opérateurs économiques pour créer un nouvel espace commercial régional au bénéfice des populations du Sud. Parmi les mesures recommandées, il a cité la suppression en priorité du passavant exigé par les douanes algériennes et qui constitue, à ses yeux, une entrave certaine à la circulation des marchandises du Nord vers le Sud pour la majorité des transporteurs terrestres et autres fournisseurs qui se sont plaints et pourtant, ajoute-t-il, détenteurs de documents dûment délivrés (factures, registres de commerce) par des organismes habilités. Le passavant est considéré comme un obstacle à l’exercice du métier de transporteur.

Il est difficile d’évaluer les répercussions fâcheuses que génère le document en question, mais qui ne sont plus à démontrer : confiscation de marchandises, saisie de moyens de transport au contrôle douanier, mesure répressive suivie d’une surévaluation des coûts, amplification du marché parallèle, ventes aux enchères par les Douanes de produits saisis. Il faut ajouter que cette situation, indique-t-il, crée des contentieux, entre transporteurs concernés et douaniers, devant les tribunaux. La suppression du document douanier s’impose dans une conjoncture d’évolution de l’économie algérienne et son ouverture à l’extérieur, assure-t-il.

L’intervenant a préconisé d’autres mesures en vue de renforcer l’économie du pays par la proposition de créer des zones franches à Adrar et à Tamanrasset dans les régions du Sud, pour encourager les échanges commerciaux avec les pays africains. Il a suggéré en particulier l’instauration d’une zone franche à Tindouf pour les échanges commerciaux avec la Mauritanie. Ces zones franches ainsi instaurées parachèveront l’étendue du réseau économique et commercial avec les pays africains qui, sans doute, ne manqueront pas de saluer l’initiative d’autant plus que l’Algérie jouit auprès de ces pays d’un grand prestige datant de plusieurs décennies. Elles vont leur permettre de mieux connaître et apprécier les produits de nouvelle génération fabriqués en Algérie.

Le représentant de l’organisation patronale s’est félicité de la construction de la nouvelle voie de communication en cours de finition reliant Adrar à Tindouf et aussi de la réalisation de la route partant de Tindouf vers la Mauritanie, œuvre d’importance stratégique, passerelle de raffermissement des liens tissés entre les deux pays et, par ricochet, vers l’Afrique occidentale. Les liens entre les deux pays limitrophes seront renforcés par d’intenses échanges de produits et biens de consommation. Néanmoins, il a insisté sur l’accélération et la mise en place d’instruments juridiques et autres mécanismes financiers devant encadrer toutes les opérations d’échange.
Dans le même sillage, la mise à niveau de l’économie et sa modernisation appellent aussi, suggère le représentant du FCE, à inclure l’importante et incontrôlable masse monétaire en circulation.

Celle-ci doit être régulée par des mécanismes susceptibles de changer en profondeur les habitudes et la mentalité des thésauriseurs. Le commerçant comme le citoyen seront appelés, grâce à des réformes, à utiliser la carte bancaire pour leurs futures transactions commerciales. Le processus d’ajustement de l’économie algérienne doit impérativement être suivi, dans une première étape, par l’ouverture indispensable d’une banque algérienne sur le sol mauritanien qui permettrait aux opérateurs économiques algériens d’effectuer en toute légalité leurs opérations de change. Car l’absence d’une banque algérienne en Mauritanie, a-t-il révélé, est une aubaine et une opportunité pour les banques étrangères installées dans ce pays pour exploiter temporairement les fonds algériens déposés à leur niveau avant de les transférer plus tard vers l’Algérie.

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