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Commentaire : Une économie nouvelle

Par El Moudjahid | le Mardi 26 Mai 2020

Commentaire : Une économie nouvelle

La situation actuelle ouvre de nouvelles réflexions sur l'avenir économique et financier du pays. Le monde d’après la crise sanitaire de Covid-19 sera sans nul doute bien différent de celui dans lequel nous avons évolué. A l’heure de la paralysie mondiale, certains gouvernements se sont organisés pour travailler le plus efficacement possible pour éviter la descente aux enfers. Cette pause forcée est également un temps pour réfléchir au futur de notre société. Et, dans ce monde d’après-pandémie, l'économie aura une place spéciale. Les entreprises devront revoir leur organisation et leur gestion, les salariés devront aussi travailler et s'organiser autrement. Les entreprises, qu’il s’agisse de TPE, de PME, de grand groupe ou de startup, sont dans le même bateau.

Ce que les entreprises ont acquis, durant cette crise sans précédent, c’est encore plus de souplesse dans la gestion. Les difficultés économiques à venir ne feront qu’augmenter le besoin de flexibilité et de souplesse au sein des entreprises. Ce sont des centaines, des milliers, voire des millions de salariés qu’il a fallu renvoyer chez eux pour une durée indéterminée, en mettant en place en un temps record des mécanismes pour leur permettre de continuer à travailler à distance. Cela n'a pas été facile pour tous, des cellules de crise se sont multipliées pour gérer ce chamboulement organisationnel inédit. C’est la première fois que des gouvernements décident de geler volontairement les activités économiques au nom d’impératifs sanitaires. En tout cas, le paysage ne sera plus le même et les mois passés entre sidération et léthargie ont révélé l’extraordinaire imbrication qui caractérise le système économique.

Une page se tourne. L'économie va entrer dans une nouvelle ère. Certes, il est difficile de prévoir le monde d’après, mais le gouvernement, qui dispose désormais d'un plan d’action, devrait renforcer les dispositifs pour soutenir les démarches en faveur du développement et de la croissance, en s'appuyant sur les compétences locales. Dans ce contexte, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans un message à la Nation à l'occasion de l'Aid El Fitr, a réaffirmé que la préservation de la santé du citoyen demeure une «préoccupation majeure, quel qu’en soit le coût pour le Trésor public». L'Etat aura abordé cette crise en plaçant l’impératif sanitaire au-dessus de tout. Les citoyens, et à plus forte raison les plus fragiles face à la maladie, seront protégés « quoi qu’il en coûte », a affirmé le chef de l’Etat. Dans son discours le Président a envoyé un signal fort : l’intérêt général, supporté à égalité par tous. On peut considérer que le risque de voir la reprise économique mise à mal est désormais écarté. Néanmoins, il faut attendre l'après-crise sanitaire pour voir concrètement ce qui préfigurera l'avenir du pays, surtout au plan économique. Cela dit, l’Etat s’est posé en garant de la continuité économique. «Une vie économique qui reprendra, assurément, avec dynamisme pour l’édification d’une économie nouvelle, grâce aux bras et cerveaux de nos jeunes. Une économie diversifiée et affranchie de la dépendance aux hydrocarbures, garantissant à tous la prospérité dans le cadre d’un Etat démocratique, fort et juste», a souligné le Président Tebboune.
Farid Bouyahia

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