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CNR : Le poids d’un déficit structurel

Par El Moudjahid | le Jeudi 11 Juin 2020

CNR : Le poids d’un déficit structurel

Une situation qui a enfoncé la caisse dans des difficultés financières inextricables, d’où les difficultés à faire face à ses engagements, actuels et futurs. Le système basé sur la solidarité des salariés, la ressource de l’Etat étant complémentaire, ne peut plus continuer sur cette cadence d’où la dernière décision du gouvernement de proroger de cinq années l’âge légal de départ à la retraite fixé à 60 ans.

«Le (la) travailleur peut opter, à sa demande, pour la poursuite de son activité au-delà de l’âge légal de la retraire dans la limite de cinq ans», stipule le décret exécutif 20-107 30 avril 2020. Une mesure motivée par un objectif économique, au regard des contraintes financières que traverse la CNR, car il est question de la pérennité de ce système fondé sur la solidarité intergénérationnelle.

En fait, la réforme du système national de retraite, annoncé à plusieurs reprises, n’a pas encore trouvé sa voie sur le terrain, faute de consensus entre les différentes parties, d’une part, et d’autre part, à cause de la nature des décisions à prendre. Entre temps, la Caisse qui verse des pensions à plus de trois millions de retraités accuse depuis 2014 un énorme déficit qui s’est élargi à 500 milliards DA en 2018, et à un peu plus de 600 Mds de DA en 2019 et qui risque de s’accentuer en l’absence de solutions concrètes à l’avenir. Le DG de la CNRM, Slimane Mellouka, vient de confirmer ce constat en affirmant, mardi, sur les ondes de la chaîne III, à l’occasion de son passage à l’émission «l’invité de la rédaction», que la «Caisse éprouve, depuis quelques années déjà, de fortes contraintes pour pouvoir payer leurs pensions à ses quelque 3,3 millions d’affiliés, sachant que, actuellement, 2 personnes actives cotisent pour 5 retraités, alors qu’il faudrait 5 personnes actives pour pouvoir financer la pension d’un retraité».

Difficile équation dans la situation économique actuelle du pays. En conséquence, la CNR fait appel à deux sources principales, à savoir la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS), qui, précise-t-il, contribue par un apport financier de 80%, soit 50% des besoins de la caisse, en sus du complément versé par l’Etat, d’environ 18 à 20%. Le DG de la CNR évoque une troisième source de financement constituée par une part de la fiscalité douanière, prélevée par les Douanes nationales au titre de la loi de Finances de 2018, laquelle, devait-il préciser, aura contribué, en 2019, à hauteur de 50 milliards de dinars, dans la consolidation du fonds de la Caisse, montant devant doubler en 2020. D’autres sources additionnelles de financement sont susceptibles d’être exploitées au profit de la caisse nationale des retraites, à partir de prélèvements de taxes sur le tabac, la téléphonie mobile ou encore sur les médicaments.

Une option qui pourrait être envisagée, selon le premier responsable de la CNR qui ne peut solliciter le Fonds national de réserve des retraites, créé en 2006, dans le cadre des recommandations de la tripartite et visant à préserver le système des retraites, même si les 600 milliards de dinars cumulés pourraient aider à réduire une partie du déficit. La raison ? Le Fonds « ne pourrait répondre qu’à des besoins équivalents à une année. En plus, la décision relève des «plus hautes instances».

D. Akila

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