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BP prédit la fin du pétrole cher

Par Liberté | le Mercredi 17 Juin 2020

BP prédit la fin du pétrole cher

La pandémie de coronavirus semble remettre en cause les prévisions optimistes sur l’évolution des cours du pétrole établies avant la crise sanitaire. Dans une analyse du marché, la direction de British Petroleum met en avant des prévisions glaçantes, relevant que la pandémie a entraîné des effets négatifs durables dans le temps et que le marché pétrolier s’en ressent, avec une baisse très marquée de la demande d’énergie pendant une période prolongée.

Elle exclut le scénario d’un retour à des prix élevés du pétrole. Ainsi, son P-DG, Bernard Looney, s’attend à ce que le baril de brent se stabilise à 55 dollars entre 2021 et 2050. Les prix du gaz naturel devraient évoluer en moyenne à 2,90 dollars le million de Btu au cours de la même période. Cependant, a-t-il ajouté, la baisse des profits pour les compagnies pétrolières devrait réduire la recherche de nouveaux gisements.

L’offre devrait donc diminuer d’ici à quelques années et les prix remonter, mais à des niveaux nettement inférieurs à leurs moyennes historiques. Le patron de BP pense que c’est la fin du pétrole cher et ce n’est pas sans raison. Avant la crise du coronavirus, BP tablait sur un baril autour de 70 dollars.

Elle n’avait pas vu juste. Les prix de l’or noir ont baissé de moitié depuis le début de l’année à cause de la crise économique qui continue de peser sur la demande pétrolière. Celle-ci va, certes, croître l’an prochain après la chute causée par la pandémie de la Covid-19, mais cette hausse sera limitée par la “crise existentielle” du secteur de l’aviation, a prévenu hier l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

L’offre devrait rester excédentaire à cause des querelles entre les pays producteurs qui n’arrivent pas à faire respecter la discipline dans l’application de l’accord de limitation de la production qu’ils ont conclu. Les cours devraient ainsi rester à des niveaux bas, ce qui inciterait les producteurs à réduire les investissements injectés dans l’exploration de nouveaux gisements.

Le manque d’investissement dans l’exploration devrait se traduire, dans quelques années, par une offre en baisse et par une demande en hausse. Il en résulterait une augmentation des prix de l’or noir.

Le patron de BP prévoit de déprécier les actifs de la compagnie de 17,5 milliards de dollars au cours du troisième trimestre, après avoir réduit ses prévisions de prix à long terme aussi bien pour le pétrole que pour le gaz. Mais dans le même temps, il fait accélérer le processus de transition énergétique, expliquant que sa propre stratégie est cohérente par rapport à l’Accord de Paris sur le climat.

BP n’est pas la seule compagnie à vouloir développer le renouvelable. Energies vertes, énergies propres, veille active sont autant d’expressions à la mode aujourd’hui pour illustrer le combat pour maîtriser les émissions de CO2, et aller vers une économie décarbonée. À l’évidence, tout cela ne joue pas en faveur du pétrole.

Youcef SALAMI

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