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Banques publiques et privées : Absence de politique stratégique durable

Par El Moudjahid | le Lundi 29 Juin 2020

Banques publiques et privées : Absence de politique stratégique durable

Dans une analyse au compte de la Revue des Sciences commerciales, Bakhta Saidi de l’ENSSEA, ainsi que Hala Miada Mahcine et Oussama Habib Zahmani de l’Université d’Oran2, précisent qu’à contrario des banques du secteur privé, les banques publiques «exercent des stratégies marketing défensives en se focalisant en premier lieu sur l’atteinte des objectifs commerciaux pour se diriger sur l’innovation». S’agissant de cette intégration, les universitaires affirment qu’elle se manifeste clairement par une politique de ressources humaines et celle de réduction de coûts en termes d’utilisation énergétique ou de nouvelles technologies. Plus loin, l’analyse montre que «le degré de l’intégration du développement durable est relativement faible, et que les banques algériennes n’appliquent pas à l’heure actuelle une politique stratégique de durabilité». Bien que de nos jours, l’adoption du développement durable au sein de la stratégie de nos banques «n’est pas obligatoire sur le plan juridique, les pouvoirs publics doivent impérativement inciter les banques à jouer leur rôle en intégrant les dimensions relatives au développement durable de l’activité bancaire». A cet effet, enchaînent les auteurs de l’analyse, «l’innovation marketing représente un facteur clé pour attirer la clientèle devenue exigeante par le fait qu’on vit dans un environnement concurrentiel.

De ce fait, c’est l’Etat qui doit suivre de près les progrès effectués par les banques, d’où la nécessité de rendre disponibles les données qualitatives au bon moment». Pour les banques publiques, il convient de rappeler que le gouvernement a proposé, à fin septembre 2019, la professionnalisation des Conseils d'administration desdits établissements. Pour Mourad Goumiri, expert financier, l’idéal est de «s'attaquer au problème du financement de l'économie de manière générale et non pas aux instruments de ce dernier. A ses yeux, «c'est tout un programme qui devra être cohérent et transparent», et surtout, «revenir sur la configuration des banques publiques, qui ont été artificiellement décuplées lors de l'opération de la restructuration organique, pour arriver à seulement deux banques publiques à fort coefficient capitalistique et dotées d'une ingénierie financière moderne sur la place financière, avec des missions de financement spécifiques, non contraignantes». Les banques publiques jouent un rôle clé en contrôlant une part importante du marché : elles collectent 87% des dépôts et octroient 89% des crédits. Quant à Amar Abbas, également expert financier, «une clarification des rôles et missions de ces banques est primordiale, un meilleur pilotage de leurs activités l’est également.

L’assainissement de l’environnement économique suppose la simplification des procédures et les conditions de création d’entreprises, le respect du droit des sociétés et des règles et lois sur la concurrence et la transparence. L’objectif est d’améliorer le climat général des affaires».

Fouad Irnatene

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