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Air Algérie en grandes difficultés financières : Négociations de sortie de crise

Par El Watan | le Dimanche 15 Novembre 2020

Air Algérie en grandes difficultés financières : Négociations de sortie de crise

Le modèle algérien de gestion de cette compagnie, qui était valable dans les années 1970-80, et ce, jusqu’à 2000, semble dépassé, les autres compagnies au niveau mondial ont stoppé leurs activités faute de rentabilité, ou ont bénéficié de l’aide de l’Etat conditionnée par un plan social.

En difficultés financières, la compagnie nationale Air Algérie bat de l’aile. La situation est si délicate que la direction générale a de plus en plus de mal à verser les salaires.

Le trafic étant interrompu depuis mars dernier et réduit à quelques vols de rapatriement et de fret, la compagnie n’a plus de recettes. Ses avions sont cloués au sol depuis le 17 mars 2020 exactement.

Alors que plusieurs compagnies aériennes ont réduit leurs effectifs en reprenant partiellement leurs vols, baissé les salaires des pilotes et des PNC, Air Algérie n’a ni supprimé des postes ni licencié ses employés. Une décision d’ailleurs que la direction ne peut pas prendre seule et devant obtenir obligatoirement le feu vert de l’Etat.

C’est une décision politique que les décideurs au plus haut niveau doivent prendre. Or, jusque-là, le gouvernement n’a pas volé au secours de la compagnie aérienne, ni proposé de plan pour sauvegarder les emplois mais surtout éviter la faillite à la compagnie publique.

Sous pression constante, le PDG Bakhouche Alleche a du mal à piloter toute sortie de crise. Sa marge de manœuvre est étroite et il sait pertinemment qu’il n’a pas les coudées franches dans ce dossier épineux. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, insiste dans toutes ses instructions sur la «sauvegarde de l’emploi et préparer la reprise de la croissance».

Il faut tirer la sonnette d’alarme, estiment les observateurs de l’évolution du transport aérien, car le secteur ne peut pas continuer de la sorte. Le modèle algérien de gestion de cette compagnie, qui était valable dans les années 1970-80, et ce, jusqu’à 2000, semble dépassé, les autres compagnies au niveau mondial ont stoppé leurs activités faute de rentabilité, ou ont bénéficié de l’aide de l’Etat conditionnée par un plan social.

Par ailleurs, il faut convaincre les syndicalistes de cette option et ne pas mettre les travailleurs devant le fait accompli, quitte à susciter un mécontentement et une protestation.

La direction a engagé une troisième réunion avec le partenaire social. Selon nos sources, les syndicalistes ne refusent pas directement ce que la direction leur soumet, mais dans le même temps ne font pas «de propositions concrètes et opérationnelles». Selon le syndicat, la direction d’Air Algérie décrit une situation «chaotique» et demande aux partenaires sociaux des «solutions concrètes et exceptionnelles» pour y faire face.

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