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Agriculture : Une feuille de route pour développer les filières stratégiques

Par El Moudjahid | le Mercredi 02 Septembre 2020

Agriculture : Une feuille de route pour développer les filières stratégiques

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Hamid Hamdani, a dévoilé, hier à Alger, la feuille de route de son département pour développer davantage les filières stratégiques et réduire la facture des importations.

«La feuille de route s’articule principalement sur le développement des filières stratégiques, dont les céréales et les huiles qui constituent l’essentiel des importations nationales en produits alimentaires», a indiqué M. Hamdani, lors de son passage à la radio nationale.
Selon le ministre, ce document initié pour développer le secteur, s’articule autour de trois fondements essentiels.
Il s’agit, en premier lieu, de lancer des projets structurants pour développer les filières stratégiques et réduire les importations, notamment des produits qui pèsent sur la balance commerciale, tels les grandes cultures et les huiles.
Il est également question de mettre en place des stratégies de rationalisation des dépenses publiques. «La feuille de route associe les opérateurs et les professionnels du monde agricole pour le plan quinquennal 2020-2024», a-t-il dit. M. Hamdani a affirmé par ailleurs que son département mise beaucoup sur le développement de la filière céréaliculture qui permettra de réduire à plus d’un milliard de dollars les importations en blé, rappelant que la facture céréalière était tirée essentiellement par le blé tendre.

Il a révélé, dans ce contexte, que son ministère développe une approche constructive dans ce sens à travers la modernisation du système d'irrigation au niveau de 140.000 hectares en moyenne (pour faire face au stress hydrique), qu’il compte étendre encore sur 40.000 hectares répartis à part égale entre les régions du Nord et du Sud.
«Cela permettra d’augmenter les rendements entre 50 et 60 quintaux à l’hectare», a-t-il avancé.
Le ministre a également cité la filière des huiles qu’il faudrait absolument développer, en rappelant que le pays importe pour plus 1,3 milliard de dollars d’huiles par an.

«L'objectif, c’est d’atteindre au moins 30% de nos besoins en huiles alimentaires, ce qui nous permettra d’économiser annuellement plus de 400 millions de dollars», a-t-il assuré. À ce titre, il a évoqué la culture du colza au niveau du Nord, sur plus de 3.000 hectares, affirmant qu’il y a un programme pour généraliser cette approche à d’autres filières, ce qui permettra à terme de réduire drastiquement les importations nationales. À propos de l’Office de développement de l’agriculture saharienne, créé récemment, M. Hamdani a assuré que cette entité facilitera le parcours des investisseurs en leur épargnant les lourdeurs bureaucratiques à travers un guichet unique.
Cette agence, a-t-il souligné, «s’occupe uniquement de l’acte d’investissement, en assurant l’accompagnement, le contrôle, le suivi et l’évaluation des opérations d’investissements». Concernant le recensement du foncier agricole à travers le territoire national, le ministre a affirmé que son département travaille en étroite collaboration avec les bureaux d’études et l’Agence spatiale algérienne (Asal) qui utilise des outils géo-spatiaux (imagerie satellite, cartes et autres outils spatiales) afin d’identifier les parcelles agricoles potentiellement fertiles et celles qui sont proches des ressources hydriques.
«Nous sommes partis sur la base d’une étude spatiale de 6 millions d’hectares, nous sommes autour de 1,3 million d’hectares, dont 325.000 hectares pourraient être mis à la disposition de l’Office national des terres agricoles (ONTA)», a-t-il fait savoir.
Le ministre a insisté sur l’organisation et l’optimisation de la production agricole qui devrait être suivie par des institutions de régulation et des outils de stockage et de transformation.
Pour ce faire, son département ambitionne de travailler avec le secteur de l’Industrie, pour mettre en place de micro-zones agro-industrielles au niveau des pôles spécifiques à vocation agricole.

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L’enquête pour indemnisation contre les sinistres agricoles finalisée

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Hamid Hamdani, a annoncé, hier à Alger, que l'enquête pour l’indemnisation des agriculteurs et des éleveurs victimes des feux de forêt et du stress hydrique a été achevée.
«L’enquête sur les dommages subis par les professionnels du monde agricole et les agriculteurs, qui devraient bénéficier d’aides, a été finalisée. Reste l’évaluation financière de ces pertes», a-t-il déclaré sur les ondes de la radio nationale.
Il a précisé, par ailleurs, que l’État s’est engagé à indemniser ces agriculteurs «en nature» sur la base de leurs pertes afin de leur permettre de relancer leur activité. Selon le dernier bilan datant du 5 août écoulé, les feux de forêt, qui ont touché 40 wilayas à l'Est, à l'Ouest et même au Sud, ont ravagé plus de 10.000 hectares d'arbres forestiers, dont 1.000 hectares de récoltes agricoles, 50 arbres fruitiers, 3.600 palmiers, 457 ruches d'abeilles, 120 têtes ovines, 10 têtes bovines et 2.000 poules.
Le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire avait déjà affirmé que l'État indemnisera les sinistrés de ces incendies de forêt après les expertises de terrain au niveau des wilayas touchées.

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